L'Hurluberlue

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Dimanche 3 août 2008
"Une vingtaine de jours plus tard"...

...

J'avais perdu l'habitude de l'interface over-blog =.=° Mais quoiqu'il en soit, je suis bel et bien de retour ! Après dix jours à Marseille, chez la Belle Gabrielle, et une petite semaine du côté de Carcassonne, je suis cuite et archi-cuite, mais j'ai plein de choses à raconter... et surtout à commenter. Ce furent deux grosses semaines studieuses, ou presque XD

Et je commencerai par ceci :



Deux Epées
Ruiz, Mazi et Salazar.


"Au delà du temps, bien avant les titans et les légendes, les dieux donnèrent une arme à l'Homme, qui divisa son esprit. L'Honneur était cette arme, et l'Epée la représentait.
Mais les hommes ne comprirent pas le sens de ce cadeau et, confus, ils se perdirent dans d'interminables batailles.
Beaucoup moururent... jusqu'à ce que quelques valeureux fassent la différence. On les appela les "premières épées". Ils ne se battaient que pour la vérité, que pour la justice, qu'à un contre un... Seulement pour l'Honneur ! Les grandes batailles se transformèrent en duel, et les premières épées luttèrent jusqu'à atteindre la force des titans ! leurs puissantes lames déchirèrent le ciel et ouvrirent la terre... Mais en réalité... Ce n'était pas ce que recherchait l'Epée. L'Epée cherche encore celui qui aura le courage d'oeuvrer pour le Bien."

Les Premières Epées sont des escrimeurs capables de déchirer le ciel et d'ouvrir la terre. Désormais, les guerres se résolvent à coups de duels, à un contre un.
L'Ecole de la Licorne représente l'élite, uniquement accessible aux riches et aux puissants. Cira "Deux Epées" ne fait pas du tout partie de l'élite et ne peut pas déchirer le ciel, mais elle va lutter pour démontrer qu'elle possède le talent de faire ce qui est juste.

Une nouvelle série, découverte dans une librairie d'Aix-en-provence, dont le résumé m'a paru assez sympa. Et de fait, la BD est vraiment très chouette : un style très "japanime", frais et dynamique, beaucoup d'action et pas mal d'humour. L'histoire se passe dans une sorte d'univers parallèle, qui sur le fond s'apparente assez à celui de l'Europe sous l'Ancien Régime, mais dont l'esthétisme mélange allègrement les époques ( au niveau du look, chevaliers médiévaux côtoient pirates, mousquetaires, dandys de la Belle Epoque et fleuretistes olympiques comtemporains ! ).
Mélange de genres, également, où des duels typiquement "KPDP" le disputent à des combats sons et lumières façon "Chevaliers du Zodiaque". Le tout est drôle, plutôt bien fichu, malgré quelques petits passages où ça part joyeusement en latte ( la baston finale entre Fenrir et Deimos m'a fait mourir de rire XD ). En elle-même, la BD est une jolie variation sur l'escrime et ses vocations profondes, la manière dont elle peut devenir un code d'honneur et une leçon de vie pour qui la pratique avec conscience. La série ne révolutionnera sans doute pas le genre, et elle n'est pas exemptes de défauts ( beaucoup de pistes sont lancées, mais le choix fait de privilégier l'action les empêche d'êtres exploitées et explorées à fond... dommage ), mais globalement, j'ai trouvé ce premier tome vraiment sympa.
A suivre, donc^^

Et pour continuer sur la lancée "Grandes épées" ( et fêter l'avancée de Miroir, qui va sur son dix-septième chapitre ! ) un petit dessin d'Aurélien dans son uniforme de Dragon du Roi.


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Comme d'hab', cliquez pour voir l'image en entier^^
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Mercredi 16 juillet 2008
Après une semaine en mode "autiste", entièrement consacrée ( ou presque ) à boucler ce satané chapitre 16 ( ils sont à La Rochelle, miracle *__* ), je me suis dit qu'il était peut-être temps de chroniquer sur ma dernière lecture :




Le Secret des Andrônes

Qui a précipité Jeanne, l'aide-soignante de Rogeraine, la belle infirme, du haut de la citadelle de Sisteron, pendant la représentation de " La tour de Nesles " ? Qui s'acharne à jeter dans le vide, l'une après l'autre, ses autres aide-soignantes ? Présent par hasard à Sisteron, le commissaire Laviolette, retraité de la police, va essayer - non sans difficultés - de démêler l'écheveau de cette sombre affaire, sur fond de souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Un vrai roman policier, complexe à souhait.

De fait, c'est vrai que le roman est complexe. Non seulement au niveau de l'intrigue et des personnages, mais aussi au niveau des registres : l'auteur ne se contente pas de débrouiller les mystère, il s'attache également à faire revivre le cadre et l'époque, c'est à dire une ville de provence à la fin des années 60. Les raisonnements du commissaire et les tâtonnements de l'enquête sont ainsi entrecoupés de descriptions détaillées, d'envolées lyriques ( le héros est un vieux romantique ) et d'introspections pseudo-poétiques. J'avoue avoir parfois trouvé le procédé un peu lourd ( d'autant que si Pierre Magnan n'écrit pas mal, il ne s'appelle pas Chateaubriand non plus, loin de là ! ).
Côté personnages, la galerie est assez fournie, à tel point qu'on a du mal à s'y retrouver : les silhouettes et les caractères sont à peine ( voire pas du tout ) esquissés, on n'a souvent droit qu'au nom et à la fonction sociale et/ou professionelle ( médecin, notaire, membre du Secours Catholique, etc... ). Ni un bon, ni un mauvais point, puisque cela rentre dans le procédé d'écriture : ces figures là sont des ombres, qui s'appliquent à rester sourdes et muettes aux yeux du commissaire Laviolette. Seule la "belle infirme", Rogeraine Gobert, dont on devine très rapidement ( en même pas deux pages ) qu'elle est la véritable victime de l'assassin, la cible parfaite qui clignote au néon. Ancienne résistante, on devine également assez vite qu'elle a commis jadis un acte terrible, dont elle semble avoir tout oublié, et que les meurtres en séries ne sont commis que pour lui rendre la mémoire, et lui donner des remords. Le personnage apparaît d'abord détestable à souhait ( hautaine, méprisante, méchante, insensible, j'en passe et des meilleures ), pour ensuite se faire accepter comme telle, et ne plus être qu'un spécimen de tête à claques parmi tant d'autres.

Seul deux personnages se détachent du lot : le héros, Laviolette, et l'assassin. Tous deux romantiques, passionnés, humains... ils semblent les seuls à se laisser guider par autre chose que la couardise ou la cupidité. Le problème, c'est que ce côté psychologique de l'intrigue est quelque peu bâclé, puisqu'il est noyé dans le mélange des genres et les digressions : le lecteur finit par ne plus se concentrer que sur les indices et les éléments de l'enquête, tant il a peur de se perdre en route, et en oublie le reste.

Côté intrigue, je dirais qu'elle n'est plutôt pas mal fichue : on croit deviner assez rapidement qui et pourquoi, mais le retournement de situation final ( bien amené, et qui ne survient qu'aux toutes dernières pages ) met par terre ce que l'on croyait acquis depuis le début.

Au final, un bon roman policier, mais un roman de vacances, qui ne m'a pas vraiment marquée.
Dommage...

PS : Vendredi matin, j'enfourche mon destrier avec armes et bagages, et entreprend de traverser la France pour aller rejoindre Gaby, quelque part du côté de Marseille, avant d'aller buller une petite semaine avec la smala. Je serais donc absente du net pendant environ 15 jours ;) See you soon !
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Mercredi 9 juillet 2008

Il y a maintenant une petite vingtaine de jours que je les ai reçus ( et lus, of course ), mais ce n'est qu'aujourd'hui que je me décide enfin à publier quelque chose... Au reste, ce n'est pas du tout parce qu'il n'y a rien à en dire, rassurez-vous ;)

J'avais émis le souhait, dans le cadre du swap, de découvrir l'histoire du samouraï Miyamoto Musashi, soit par le roman de Yoshikawa, soit par son adaptation manga, et la charmante Ys l'avait exaucé : les quatre premiers tomes du manga rien que pour moi *___*


"My name is Bond... Vaga Bond."


Présentation piquée sur cette page

Deux romans japonais, La Pierre et le Sabre et La Parfaite Lumière, sont à l'origine de la popularisation de cette figure historique d'antan considérée comme le plus grand sabreur de tous les temps au pays du Soleil Levant. Au milieu des hordes de sabreurs, l'un d'eux a connu un destin exceptionnel fait de victoires glorieuses et de défaites pitoyables mais pourtant c'est essentiellement l'aura que dégageait celui qui fut l'inventeur de la technique de l'utilisation du « double sabre » qui a été retenue. L'histoire a retenu un homme qui faisait peur, dont l'apprentissage autodidacte fut long. A la recherche des meilleurs combattants du pays, la route de ce voyageur sans répit oscilla entre courage, perte de confiance, déception et réputation abominable. Un long road trip à pied pour un samouraï sans maître, un rônin, un homme qui a défié les forts pour atteindre son but, un combattant qui s'est construit à la force de ses mains, un vagabond défiant un monde sédentaire... Pour Takehiko Inoue (Slam Dunk, Real), Vagabond (Bagabondo) revient sur la genèse d'un homme hors du commun qui se nommait Takezo Shinmen, mieux connu sous son pseudonyme de Miyamoto Musashi...

Le manga lui-même comporte une trentaine de volumes ( j'avoue que j'ignore s'il est toujours en cours de publication ou pas O.o ), aussi mon avis sera-t-il... héhé, particulièrement incomplet ^^;;

L'histoire démarre très fort, en plein champ de bataille, où deux amis, Takezo et Matahashi, tentent de survivre et d'échapper aux chasseurs de fuyards ( ils ont plus ou moins déserté ). Dès les premières pages, on comprend que le duo est bancal : Takezo est brutal, bourrin, mais paradoxalement assez charismatique, tandis que Matahashi est un trouillard vulgaire et tête à claques. Ils affrontent les chasseurs de fuyards, s'enfuient et trouvent refuge chez deux voleuses étranges, Oko et sa fille Akemi, dont on comprend rapidement qu'elles exercent plus ou moins le métier de putains. Oko surtout, apparaît fascinante, et attirée par Takezo... mais c'est Matahashi qu'elle parviendra à séduire ( il couchera avec elle en se faisant passer pour Takezo, alors que ce dernier est en train d'affronter une bande de brigands un peu plus loin ), et avec lequel elle s'enfuira.
Takezo ne pourra que constater la fuite de Matahashi, et retourner dans leur village natal, afin d'annoncer la mauvaise nouvelle à la vieille grand-mère de son ami  et surtout à sa fiancée, Otsû. Et c'est là que les ennuis commencent...

Quatre tomes brutes, violents, pleins de sangs et d'ordures, mais au trait magnifiquement soigné, très classe, et aussi, quelque part, très fin. J'ai trouvé que le dessin collait parfaitement au personnage de Takezo lui-même, monument de sauvagerie, mais dont on sent, au fond, qu'il vaut beaucoup plus que ça. J'avoue avoir pas mal tiqué aux ( très ) nombreuses scènes de massacres, dont le crayon d'Inoué ne nous épargne aucun détail, mais heureusement, d'autres scènes beaucoup plus profondes viennent contrebalancer cette grande violence. Le moment où on comprend que Matahashi s'est enfui avec Oko et Akemi, celui où Otsû l'apprend et démolit la maison ( XD ), celui de la rencontre avec le moine Soho Takuan... Le long, très long passage où Takezo est ligoté et pendu à l'arbre, sans possibilité de mouvements, toujours dans la même posture, et où à l'aide d'une très belle panoplie de prises de vues, le mangaka lui tourne autour à la manière d'un charognard qui attendrait qu'il craque pour pouvoir le dévorer...
Mais Takezo ne craque pas, il survit et comprend finalement que tuer n'est peut-être pas son but profond dans la vie. Les leçons de Takuan commencent à porter, et il reprend la route, après avoir dit adieu à Otsû...

Bref, un manga très "trash", très violent ( parfois beaucoup trop à mon goût ), mais d'une violence qui n'est pas forcément gratuite, puisqu'elle correspond à l'évolution du personnage principal. Et à côté de ça, un dessin d'une grande virtuosité, mélange de classicisme ( le trait reste assez réaliste, contrairement à la plupart des mangas ) et d'inovation. Les quatre tomes ne m'ont pas permis d'aller assez loin dans l'histoire de Takezo ( il ne devient Musashi qu'au milieu du 3e )  pour voir en lui autre chose qu'un vieux bourrin, et honnêtement, même si j'ai très envie d'en connaître la suite... Je crois que je vais plutôt choisir le roman de Yoshikawa. Outre que trente tomes, ça risque de coûter cher ( huhu ), et malgré la qualité du manga, les mots restent tout de même mon support favori. Surtout pour une figure légendaire telle que Musashi.

Un excellent manga, donc, non seulement en lui-même, mais également parce qu'il donne très très envie de lire les romans dont il est tiré XD L'avis très positif de Gaby m'avait déjà mis l'eau et à la bouche, et Ys m'a donné le coup de grâce ;)

Encore merci à elle !

Et pour finir, les réponses au meme refilé par cette même demoiselle Gaby :

Je ne suis rien sans...

*Mon lecteur mp3, qui passe le plus clair de son temps sur mes oreilles. Il s'appelle Raoul, il a perdu son slip son capuchon, il grésille et "plante" régulièrement, mais c'est le passeport indispensable pour accéder à Neverland où que je sois.

*Mes bouquins. Eh oui, j'en traîne toujours au moins un avec moi, pour être sûre d'avoir de quoi lire au cas où =.=°

*De quoi écrire. Que ce soit sur un bout de copie, de feuille de cours ou encore sur le p'tit moleskine, j'ai plutôt intérêt à être parée pour ne pas laisser filer les idées quand elles se présentent.

*Qui a dit que j'avais le pot de nut' ? :p

Si elles en veulent bien, je le refile à mon tour à Ys, Luminelya et Arsène ^^
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Samedi 5 juillet 2008

Troyes, Paris, Amsterdam, Anvers, Lyon…

Au gré de ses souvenirs, Guillaume Pradel, libraire et cartographe, nous fait voyager de ville en ville, au temps des guerres de religions. Retraçant la vie de son père et celle de son grand-père, libraires-typographes eux aussi, il évoque les difficultés des deux hommes, leurs haines réciproques, leur foi fanatique, l’un catholique, l’autre devenu protestant. Le milieu des imprimeurs n’est pas tendre, le travail est dur, les rivalités grandes et l’on déplaît si vite au roi que le métier est dangereux. Pourtant, malgré une histoire et une enfance mouvementée, en ces temps obscurs ravagés par la peste noire et les haines religieuses, Guillaume choisira cette voie. Passionné d’astronomie, fasciné par les progrès des sciences et des techniques, ami de la raison humaniste et du savoir éclairé, il rencontre les grands astronomes de son époque et le cours de sa vie en est bouleversé. En proie au doute et à une quête métaphysique, ballotté par les événements auxquels il tente de donner un sens, Guillaume cherche une raison au chaos du monde. Animé par une soif inextinguible de connaissance, il trouve dans son ami Jean des Sept Écluses, marin et marchand à l’esprit aventurier, son alter ego. Ensemble, ils décident de partir pour le Nouveau Monde.

Pour son premier roman, Amineh Pakravan nous livre une ode à la découverte,
au pouvoir de la connaissance et au voyage.

Que dire, sinon que je ne regrette pas d'avoir cédé une fois de plus aux beaux yeux de la tentation ? Le titre et le résumé sont déjà fort séduisants en eux-mêmes, et le contenu l'est encore bien davantage. En fait de libraire d'Amsterdam, ce livre est bien plutôt l'histoire de trois générations, trois hommes qui auront chacun le choix quant à leur destinée, mais qui choisiront tous de travailler dans les métiers du livre, professions aussi nouvelles que dangereuses en ce milieu de XVIe siècle.

Mathieu, Simon et Guillaume ( dans l'ordre : du grand-père au petit-fils ) représentent la marche de l'Histoire, symbolisant chacun une époque ( Mathieu incarne la résignation du Moyen-Âge, Simon la révolte protestante et Guillaume la nouvelle foi en la science et la raison qui sera celle du XVIIe siècle cartésien ), mais également un stade de l'apprentissage humain. Mathieu et Simon se détesteront toute leur vie, ou presque, incarnant les deux conceptions de la foi à cette époque, l'une catholique et traditionnaliste, l'autre réformée et assoiffée de changement. Aussi féroces et intolérantes l'une que l'autre.

Guillaume héritera de cette longue querelle, de ce qu'elle a révélé de faiblesse dans les deux camps et dans l'Homme en général. Ayant compris et accepté les erreurs de ses pères, il peut désormais commettre les siennes, c'est à dire vivre sa vie : après les massacres et le fanatisme, après la vanité des passions et des intérêts humains, lui représente la Raison, la quête de l'esprit qui cherche à s'élever et à comprendre. Puisqu'aucune des deux religions n'a donné de réponses, vers quoi faut-il se tourner ? Guillaume lui, choisit la voie de la science, des mathématiques, de l'astronomie... Devenu libraire-cartographe-graveur, il passera sa vie à mesurer, chercher, apprendre. Mais cette voie là n'est pas sans danger non plus : son père avait vu périr Etienne Dolet et entendu sonner les cloches de la Saint-Barthélémy, lui verra Giordano Bruno sur le bûcher, Galilée reniant ses théories et Descartes contraint de fuir de village en village, incapable de trouver la paix.

De l'immobilisme de Mathieu au grand voyage scientifique, maritime et spirituel qu'entreprendra Guillaume, en passant par trois vies consacrées à développer l'art du livre, des pages tournées et du Verbe distillé, Amineh Pakravan a vraiment réussi son coup.

Un grand roman, à la fois historique, picaresque et philosophique, qui se justifie lui-même par cette sentence de l'un des personnages : "Quelle que soit sa condition, aucun homme n'est seul s'il tient un livre à la main."
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Mardi 1 juillet 2008

Hier, Versailles et la Flemme ont eu raison de moi, je n'ai pas touché à Miroir. A la place, je me suis replongée dans la genèse des personnages, dans toutes ces aventures maritimes et humaines qui ne figureront pas dans le roman, mais que je ne pourrai pas m'empêcher d'évoquer ( ni même d'écrire, sans doute, à plus long terme =.=° )

Alors en attendant, je les dessine :

Photobucket
( comme d'habitude, cliquez sur la demoiselle pour la voir en plus grand^^ )

Allys de Valemarne, tante et marraine de l'héroïne, gamine paumée et ancien "matelot" de l'Aicha.

...

Je vous jure qu'au départ, ce dessin n'était pas censé ressembler à une mauvaise caricature de Mary-Sue version pirate ç_ç Mais le fait est que je me suis laissée avoir, et que la belle rousse représentée ici n'a plus grand chose à voir avec la gamine paumée sus-citée... Damned !

Anyway, pris pour lui-même, je trouve ce gribouillis meilleur que les précédents, donc je vous le livre tout de même ^o^ Après tout, ( *evil grin* ) je pourrai toujours faire croire que c'est un fanart de Mireille Calmel XD ( *'me suis toujours pas remise de l'abominable Lady Pirate o.o* )
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Dimanche 29 juin 2008
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La première section du chapitre 15 est bouclée ! Allez Louya ^o^ ( 22 000 signes et des poussières écrits en trois jours, alors que toute cette année, je n'ai péniblement carburé qu'à 5000 signes par semaine, grand maximum, il va sans dire que je suis très fière de moi XD )

Les choses avancent plutôt bien, et même si cette première scène de confrontation entre les deux méchants a été plus bidonnante à écrire qu'autre chose, j'espère qu'elle fera une introduction potable pour le grand passage dramatique obligé de la fin. Ben oui, qui dit méchant de base traditionnel ( et auteur qui se fout de sa poire ) dit également bataille finale dans les règles XD
'Faut pas rêver, hein, la dernière page est encore très loin devant, et ce n'est pas demain la veile que je pourrais aller courir toute nue sur le périph' sabrer le champagne en hurlant que j'ai enfin posé ce satané point final. Mais l'espoir fait vivre... Et puisque les choses ont plutôt l'air bien parties, autant positiver.

De fait, je vais avoir besoin de beaucoup de bonne volonté : j'ai été admise en khâgne ( Allez Louya-bis ! ), et même si fais une prépa juste pour le fun sans perspective de concours particulier, je vais tout de même devoir cravacher deux fois plus qu'avant l'année prochaine... Par conséquent, si je ne finis pas Miroir cet été ( au moins pour le premier jet ), ce sera vraiment mort ( je sais, ça fait deux ans que je dis ça... mais là c'est vrai é__è ).

Bref, "siffler en travaillant", comme dirait l'autre...

Au reste, et puisque mon pseudo-exploit écrituresque s'est accompli hier soir, je me suis permise de paresser allègrement ce matin, et de relire quelques pages des grands classiques pour me maintenir dans l'ambiance. Y sont passés tous les duels de Sigognac dans le Capitaine Fracasse, le tome 7 de De Cape et de Crocs, et trois épisodes de la BD Zorro que m'avait envoyée Ys ( à ce propos : Chimère a reçu son colis, je suis soulagée ^___^ ).

Ben résultat : je meure d'envie de recommencer ç__ç ( manque de pot, la section suivante, c'est Versailles. Joie )

Alors je me suis vengée en scannant les croquis à la sanguine que j'avais faits il y a quelques jours ( respectivement : "Aurélien dans les égouts se battant contre une armée de trucs non identifiés", et "Selim allant mettre au lit un Chevalier complètement bourré" )


Photobucket Photobucket
( je manque encore d'entraînement avec la normalisation des previews :p ^^;; )

Paix sur vous, les gens^^





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Vendredi 20 juin 2008


Ca y est, mon colis est finalement parti ! Espérons que les honorables fonctionnaires de la non moins honorable Poste ne l'égareront pas comme ils l'ont fait de la dernière lettre de Lo'... Mille excuses pour cette tenue de délai hyper serrée et pas sérieuse du tout ç__ç

Et deuxième bonne nouvelle du jour : j'ai reçu le mien ^________^ Un énorme merci à Ys, qui m'a beaucoup gatée ! Je savais que j'avais bien fait de m'inscrire à ce swap cape et épée :D ( d'ailleurs je tiens à remercier encore une fois Valériane de m'avoir signalé l'affaire ! )

Le machin en question :

Photobucket 
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Qu'il me soit permis, ô Ys, de te faire un énorme câlin virtuel ^_______^ ! ( D'ailleurs, elle a beaucoup de mérite, vu la taille de la liste de j'avais envoyée ^^;;; )
Jugez :

-Les 4 tomes de Vagabond, l'adaptation manga du roman La Pierre et le sabre d'Eiji Yoshikawa.
-Un recueil des adaptations BD de cinq épisodes de la série Zorro de Walt Disney.
-Plein de bonnes choses à manger ( la nourriture spirituelle est peut-être infinimement supérieure à la nourriture temporelle, mais pétard, le chocolat au lait Figue-Amandes, qu'est ce que c'est bon !!! *_____* )

Au septième ciel je suis *-* M'est idée qu'ils ne vont pas faire long feu, ces bijoux là...

NB : Ventre Saint-Gris, j'aimerais bien savoir qui est arrivé ici en tapant "en finir avec les durillons" sur Google O___o ?!? J'avais déjà eu beaucoup de mots-clés rigolos, mais celui là bat tous les records XD
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Jeudi 19 juin 2008
Il était dans ma pile depuis un bon moment, celui-là, mais comme il s'agit d'un pavé plutôt conséquent, j'ai préféré attendre la fin de l'année pour m'y mettre... Résultat : je l'ai dévoré en moins d'une semaine.



Cinq-Mars, ou Une Conjuration sous Louis XIII

1640 : un procès de sorcellerie. Un bûcher. Un complot. Louis XIII défaillant d'amour, de culpabilité et de haine devant  son jeune et gracieux favori. Richelieu remontant le Rhône dans un bâteau tapissé de velours cramoisi qui traîne derrière lui l'embarcation où Cinq-Mars et de Thou enchaînés sont conduits au supplice : leur mort signifiera la fin de la vieille noblesse écrasée par le pouvoir et la raison d'Etat. Dans la foulée de Walter Scott et en attendant Dumas, Cinq Mars est le premier en date, le plus dramatique et sans doute le plus réussi des romans historiques français.

Encore une fois, la quatrième de couverture pêche un peu par excès de zèle, mais elle me fait rire, donc je la laisse telle quelle XD De fait, si le roman commence bel et bien par le procès en sorcellerie d'Urbain Grandier et son éxécution sur le bûcher, les tribulations de Cinq-Mars, elles, ne se résument pas à sa relation avec Louis XIII. Cette dernière n'est d'ailleurs pas aussi "explicitement" rendue que ne l'annonce la quatrième. Certes, si l'on garde la rumeur de la Petite Histoire à l'esprit pendant la lecture ( blague du jour : "Pourquoi Louis XIII ne savait pas lire ?" ; "Parce qu'il sautait les pages." ) et qu'on s'attache précisément à la figure du roi, les sentiments du monarque pour son favori peuvent à la rigueur paraître ambigus. Mais très honnêtement, ce n'est pas le propos de Vigny : Louis XIII est un homme faible, qui tremble exactement de la même manière devant Cinq-Mars que devant Richelieu. Ou du moins, qui se montre aussi lâche vis-à-vis de l'un comme de l'autre. Richelieu l'effraie par son pouvoir et son génie politique, Cinq-Mars l'épouvante en ce qu'il a ce que lui n'aura jamais : du courage, de la grandeur, et surtout de la suite dans les idées. Ambiguité ou pas, donc, la pauvreté de caractère du roi empêche de toutes façons de voir autre chose en lui qu'un couard mélancolique.
Là où les yaoistes acharnées ( *sifflote* ) pourraient trouver matière à fantasmer serait à la rigueur dans la relation Cinq-Mars/de Thou, qui pour le coup a quelque chose de vraiment équivoque, au moins du côté du conseiller de Thou ( qui au passage est un personnage vraiment sublime, tant dans sa pureté que dans son dévouement pour Cinq-Mars ), car chez Cinq-Mars, la vision romantique a pris le pas sur la réalité historique, comme bien souvent dans ce genre de roman.

Du conspirateur et traître à son pays, Vigny a fait un jeune homme visionnaire et passionné, épris de poésie et de grands sentiments, qui ne se jette dans la vie politique que par amour pour la princesse Marie de Gonzague, qu'il ne pourra épouser que s'il s'élève socialement. Une histoire d'amour assez fadasse en tant que telle, mais qui aura d'énormes conséquences sur les choix de Cinq-Mars qui, en bon aristocrate, ne reculera jamais ni ne reniera aucun de ses actes. Il hait sincèrement Richelieu ( qui apparaît à la fois comme un grand politique et un grand criminel, surtout avec l'affaire Urbain Grandier ), qu'il ne veut plus voir régner seul en France, mais la première cause de la conjuration est avant tout le défi qu'il se lance à lui-même par rapport au destin. Et de même, en bon héros romantique, il se viandera royalement ( c'est le cas de le dire ), et de son plein gré. Marie est sensible, affectueuse, mais légère et inconstante ( presque aussi tête à claques que La Vallière chez Dumas, en fait, ce qui n'est pas peu dire ) : son amour-propre et l'orgueil de son rang auront bien vite raison de ses sentiments pour Cinq-Mars, qui n'aura alors plus qu'à mourir pour aller jusqu'au bout, pour ne rien avoir à regretter.

Un chef-d'oeuvre romantique, plein de grands sentiments et de considérations sur la vanité des entreprises humaines, et une mise en abyme implicite de la destinée. A ce sujet, d'ailleurs, on peut parfois sourire ( voire rire tout court ) des artifices de Vigny, qu'on voit souvent venir à quinze kilomètres. Genre, lors d'une scène chez Marion Delorme, on assiste à une réunion des beaux-esprits du moment ( des académiciens dont personne ne se souvient aujourd'hui :p ), qui écoutent un certain John Milton réciter le premier chant d'un poème obscur intitulé Paradise Lost... et qui le descendent en flèche, parce qu'ils n'y comprennent rien. Seules trois personnes apprécieront la lecture : Jean-Baptiste Poquelin, Pierre Corneille et un jeune officier nommé René Descartes, eux-mêmes méprisés par l'assemblée. Hénaurme, quoi XD
Le roman lui-même n'est d'ailleurs qu'un jeu de miroirs et de scènes programmatiques. L'éxécution d'Urbain Grandier du début annonce bien-sûr celle de Cinq-Mars et de Thou, de même que la conjuration des grands nobles contre le centralisme de Richelieu préfigure la Fronde, ou encore la faiblesse de Louis XIII incapable de régner par lui-même qui sert de contrepoids à ce que sera plus tard l'absolutisme de son fils Louis XIV. Le bouquin se termine d'ailleurs sur cette prédiction de Milton : "Je vais trouver un homme qui n'a pas encore paru, et que je vois dominé par cette misérable ambition ; mais je crois qu'il ira plus loin. Il se nomme Cromwell."

Pas forcément le plus grand, donc, ni le plus dramatique des romans historiques ( Dumas fera aussi bien, voire encore mieux ), mais un des chefs-d'oeuvres du genre, assurément. A lire, pour tous ceux qui s'intéressent au XVIIe siècle, au romantisme, ou tout simplement aux grandes histoires ;)

Publié dans : Bibliophagie
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