Une rapière et Silbermann

Publié le par Andromède

Malgré tout ce que j'ai pu en dire, je suis tout de même bien contente qu'aujourd'hui soit jour de brocante/braderie/marché dans mon petit bled pourri du Nord, puisque j'y ai tout de même trouvé mon bonheur :D

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N'est-elle pas magnifique ? *___* Un de ces quatre, je me ferais la séance photo complète, avec chemise, gilet, chapeau à plumes et mademoiselle que voilà. Même que j'ai hésité un moment entre la belle et un superbe sabre XVIIIe, un peu plus grand et avec fourreau... Mais au final, affinités et portefeuille oblige, c'est la rapière qui a eu la préférence ^^;;;;
Je suis également revenue avec quelques bouquins ( sans commentaires ) :

*Le chevalier de Lagardère, Féval ( c'est simplement la version jeunesse du Bossu, mais les illustrations sont chouettes :D )
*Romans de la Table Ronde, Chrétien de Troyes
*Le loup d'écume, Fajardie ( sans commentaires bis :p )
*Silbermann, Jacques de Lacretelle

C'est de ce dernier livre que j'ai envie de parler, puisque retomber dessus 5 ans après l'avoir lu m'a plus remuée que ce que je pensais. Je l'avais lu et étudié au collège, en 4e, et en ai gardé plus qu'un bon souvenir : un souvenir profond. Du même type, on vous avait peut être donné à lire l'Ami retrouvé d'Uhlman ou Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor : des histoires d'amitiés plus ou moins fatales entre chrétien et juif sur fond de montée du nazisme... Le genre de truc qui vous fait comprendre, lorsque vous êtes gamin et que vous estimez avoir autre chose à penser, que tout ça a réellement existé et que des dégats, il y en a eu. Silbermann raconte ce genre d'histoire, une relation entre deux petits français dans le Paris des années 30 : le narrateur et David Silbermann. L'un est protestant, l'autre juif. Tous deux passionnés de littérature, mais à des degrés différents, ils vont lier amitié autour des livres et faire face à l'hostilité de leurs camarades... Jusque là rien de bien neuf, me direz vous. Là où ce livre marque, là où il dérange et laisse un goût peut être un peu plus amer que les autres, c'est que les deux gamins ne sont pas de pauvres anges, bien au contraire. Silbermann est solitaire, extraordinairement précoce, conscient de sa culture et de sa supériorité intellectuelle sur des camarades de qui il se distance volontairement. A la fois arrogant et servile, il est aussi très fragile et fidèle à ses convictions. Il s'accroche à son ami, le seul qui l'écoute, et est près à s'humilier pour le garder. Le narrateur, quand à lui... Il ressent pour Silbermann un mélange d'admiration sincère et de pitié malsaine : il doit être ami avec lui, non pas pour lui même mais pour se poser en redresseur d'injustice. 
Bref, entre ces deux là, même un collégien fou le sent : pas de véritable amitié, ou si mal partie...
Et à côté de ça les persécutions quotidiennes, les "Mort aux Juifs" qui se font de plus en plus nombreux, les descentes des Ligues... Silbermann et le narrateur feront face pendant un moment, avant qu'on ne se rende compte que les parents de Silbermann sont des escrocs et qu'on les oblige à fuir, emmenant leur fils avec eux. Le narrateur reste seul, les premiers temps en essayant de ne pas renier son amitié... Et puis finnissant par retourner tout doucement vers ses anciens amis antisémites et favorables à Hitler... Le livre se termine ainsi, doucement mais très cruellement : à leur bras, il croise une caricature de Silbermann avec la légende "Sale Juif", et se surprend à sourire... "C'est très ressemblant" dit-il.
Voilà, l'écolier referme le livre, et se sent plus ou moins mal. Plus ou moins déçu, plus ou moins blasé. Que voulez-vous, le monde n'est pas peuplé de héros, loin de là...

J'ai acheté Silbermann aujourd'hui parce que je veux le relire, et y retrouver une partie de moi. Je me souviens m'être sentie assez proche du personnage éponyme, ce garçon qui se mettait volontairement à l'écart de camarades qu'il jugeait trop différents, trop éloignés... Et qui en même temps était prêt à tout pour garder ses très rares amis. Et puis cet amour des livres, cette conscience du pouvoir de la Littérature... Non, décidément, souvenir cher que ce livre. 
A lire, vraiment, si un jour vous tombez dessus ;)

PS : Et comme de juste, on vient de piquer une crise en voyant que j'avais accroché ma grande bannière rouge du Che :D

Publié dans Bibliophagie

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Andromède 30/08/2007 22:55

Mery : Merci ;) Quant à Silbermann... Ah ça, ça ressemble à beaucoup de gens. A nous, ça nous ressemble... M'enfin, je suppose que ça fait partie du processus "Grandir" que de faire face à ce genre de truc ;) *a eu du mal aussi*

Meresankh 29/08/2007 22:45

Beauuuu *_* (photos, photos :p)
Euh, au niveau bleds, je serais bien contente d'y trouver des bouquins et des rapières, dans le mien XD

Je crois avoir lu un extrait de Silbermann il y a longtemps... mm, un solitaire qui se met à l'écart volontairement, une sorte d'amitié par défaut, et trahir celle-ci pour se faire accepter par le groupe... je pense que ça va remuer trop de choses là-dedans pour que j'ai très envie de le lire. Mais enfin, noté ^^

Andromède 29/08/2007 18:53

Merci beaucoup ;) Votre forum a l'air très intéressant :D

Vîs 29/08/2007 15:26

Un blog intéressant et agréable à visiter!
Bravo et bonne continuation!



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Andromède 27/08/2007 23:21

Gaby : J'en dis que je suis très beaucoup d'accord :p

Monsieur de C : Ah, ne me faites pas rêver, je bave déjà suffisament sur beaucoup de choses >__< :D