Nostradamus, à vos souhaits.

Publié le par Andromède

Que Jiminy Criquet ( pétard, comment ça s'écrit, ça ? ) me pardonne, mais j'ai encore une fois délaissé Platon et ma monstrueuse liste à boucler avant deux semaines pour céder à la tentation Zévaco. Tout est de la faute de Marie-Aude, d'abord, elle n'avait qu'à pas me coller Le Pré-aux-clercs entre les pattes pendant mon séjour à Paris. Le résultat de ce manquement à la prudence, c'est que je n'ai pas résisté : je me suis offert l'intégrale de la "trilogie Beaurevers", à savoir : Nostradamus, le Pré-aux-Clercs et Fiorinda la Belle

Eh bien je ne regrette absolument pas d'avoir boudé le Devoir, personnifié en ce moment pour moi par l'abominable Platon :D 

Nostradamus, le Pré-aux-Clercs, Fiorinda la Belle
[...]
Nostradamus, paru d'abord en 1907, ainsi que le Pré-aux-Clercs, suivi de Fiorinda la Belle ( publiés en guise d'hommage à l'auteur au moment de sa mort ) racontent l'histoire de la famille du célèbre magicien sur trois générations : Michel de Nostradamus, médecin à Montpellier, Renaud, son fils, qui sillonne toute l'Europe avant de devenir l'astrologue de François Ie, Le Royal de Beaurevers, enfin, fils de Renaud et de la belle Marie que le Dauphin et son frère Henri avaient vainement courtisée.
Pour la fertilité de son imagination et la précision de sa documentation, Zévaco est le digne successeur d'Alexandre Dumas dans le domaine du feuilleton historique. Il nous livre ici un tableau haut en couleur de la France de la Renaissance, animé de personnages qui, par l'indépendance de leur allure et de leur pensée, rappellent les convictions libertaires de l'auteur.

Ici est la fin de 4e de l'édition Bouquins, mais j'avoue qu'elle ne me satisfait qu'à moitié, étant donné qu'elle est bourrée de coquilles. Nostradamus ( Renaud ) était médecin et astrologue, mais certainement pas de François Ie, et contrairement à ce que cette présentation laisse supposer, il est le personnage central et véritable de la trilogie. Et quel personnage, boudiou *_______* Je suis définitivement et irrémédiablement amoureuse ( si tous ceux dont je suis amoureuse se tenaient par la main, ça ferait une sacrée ronde :p ).
Tempérament exceptionnel et héroïque, comme de juste dans ce genre de littérature, qu'on foule au pied par jalousie, qui s'enfermera vingt ans sous terre pour acquérir ses formidables pouvoirs, et qui reviendra en France pour se venger, sous l'identité du mystérieux Notre-Dame/Nostradamus. 
Sur le fond, donc, un remake assez évident du Comte de Monte-Cristo ( je vous invite d'ailleurs à aller lire la fiche de Patrick de Jacquelot )... Mais uniquement sur le fond, alors. Parce que pour le reste, c'est du boudiou de bon roman de cape et d'épée comme on les aime. Zévaco au sommet de son art de Grand Pourvoyeur de clichés-qui-font-couiner les pauvres midinettes et autres fans faciles à berner. Mais attention, du cliché qui s'assume, et propre à ce type de roman ! Je me répète, encore et encore, mais j'aime cette bonne vieille tradition du Héros, des Gentils VS les Méchants, des coups de rapières et des coïncidences monstrueuses qui arrivent tout de même à nous arracher des cris de stupeur et d'effroi. 
Outre tout ça, et je me répète encore, le personnage de Nostradamus est génial, vraiment génial. On tremble, on rit, on pleure pour lui, on frémit quand il fait des conneries ( parce qu'il en fait, et des belles ! ) et on sourit de le voir rester humain par ses passions et sa vengeance quand il a déjà réussi à s'élever au dessus de l'humanité par sa science. Il sauve des vies et met du baume au coeur aux misérieux de Paris, mais il est l'esclave de sa jalousie et de ses certitudes trop bien ancrées. Il aime Marie, mais la croit souillée. Il se pose comme meneur du Destin en voulant faire condamner celui qu'il croit être le fils du roi détesté... mais se plante royalement ( c'est le cas de le dire ), parce que le Royal de Beaurevers, c'est son fils à lui ! Manque de bol, il l'a déjà fait condamner à mort...
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Haha, et là, le lecteur, il se ronge les ongles jusqu'au poignet en lisant à toute vitesse ^^;;;

le Royal de Beaurevers... Autre chouette personnage, qui sort du lot habituel des castings de Zévaco, sans en sortir vraiment. C'est un truand... mais un vrai truand, qui ne pense à rien, sinon à tuer et à passer ses nerfs sur tout ce qui bouge. Et là, pouf, l'Amûr lui tombe sur le paletot. Classique ? Ouaip, mais Master Zézé a vraiment trouvé le truc : la bataille de l'ignorance contre la pensée raisonnable qui veut s'installer. On dit souvent qu'il n'y a ni psychologie ni philosophie dans les romans populaires... Qu'on lise Zévaco, Nostradamus ou Pardaillan, Beaurevers ou Fausta, et moi je crois sincèrement qu'on changera d'avis. 

Très bonne trilogie, donc, avec mention spéciale au 1e livre. 

PS : Beaurevers... chevalier de Beaurevers ?!? Non, rien à voir avec MON Chevalier de Beaurepaire ç___ç

PPS : Je relaie l'information trouvée sur le blog de Monsieur de C ( cliquez pour en savoir plus ), à savoir l'annonce d'une journée spéciale voyageurs du temps en décembre... A votre audace ;)

Publié dans Bibliophagie

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