Figures de sensibles

Publié le par Andromède

*pétard de Zokutou WordMeter qui met le drapeau en berne pour le NaNoWriMo ç_ç*

359.656 / 500.000

Après DEUX MOIS de frustration intense passés à n'écrire QUE le dimanche, j'ai ENFIN terminé ce maudit chapitre 11.Terminée, bouclée la scène de rencontre et de souvenirs entre Miroir et le Chevalier, je vais enfin pouvoir passer à autre chose. ( Genre, la baston ! Grands mouvements de rapière et coups sur la tronche, ça me manque, tout ça ). La figure d'Aurélien, que j'avais déjà eu bien du mal à appréhender correctement en mode direct, est maintenant présentée à travers d'autres yeux, à travers d'autres mots que les siens. Un point de vue qui change, un angle d'attaque plus dur, plus saignant, un peu surréaliste peut-être, mais toujours tendre. 

J'aime les tendres ç___ç

La preuve :

Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Gribouillage pour illustrer Iou, ce lointain cross-over dont certains se souviennent peut-être, qui n'a reçu son titre que très récemment, et qui mettait en scène le personnage d'Aurélien à 5 ans, en même temps qu'il réhabilitait la Betterave, c'est à dire Raoul de Bragelonne. Pétard de cross-over quand j'y repense, qui mélange l'univers de Miroir et celui de Dumas, et sur lequel je me suis abondamment râclé la cervelle. Il est toujours quelque part dans un petit coin de ma tête, et sera fini un jour, à n'en pas douter. 
La preuve-bis, j'écris même des mini séquelles ;)

De Guiche, mon ami,
 
Voilà bien la cinquième fois que je recommence cette damnée lettre ! J’ai tant de choses à vous dire que je ne sais trop par où commencer. Au vrai, il vaut peut-être mieux aller directement à l’essentiel : Pardon. 
Pardon du fond du cœur, mon cher comte, et pour mon long silence, et pour tout ce que mon absence prolongée a dû vous causer d’ennuis. Je suis vivant, de Guiche, et le fait que j’ai encore tant de peine à y croire est sans doute ma seule excuse. Celui là qui m’aurait dit, il y a plus d’un an, que je surmonterais la double crise et trouverais une nouvelle raison de vivre, je crois que je n’aurais pas seulement eu la force de l’écouter jusqu’au bout. Car je vis, frère, et n’ai plus aucunement l’intention de mourir. Tant d’inconstance m’effraie moi-même, au point qu’il m’arrive parfois, quand j’y songe, de pleurer le nez dans mon col avant d’éclater de rire et de piquer des deux sans nécessité autre que celle de faire n’importe quoi. Moquez vous de moi, allez, je ne mérite rien d’autre.
Mais je m’égare, et oublie de vous instruire sur le miracle qui m’est tombé dessus : il n’a pas cinq ans, m’arrive à peine au genou et ne parle point, sinon avec ses yeux, qui sont les plus beaux du monde. Un enfant, de Guiche, un tout petit garçon qui m’a sauvé la vie et qui m’a plus appris en un regard que le monde en vingt-six ans. Il s’appelle Aurélien, petit prince que le hasard et un monstre que je ne veux pas nommer m’ont fait rencontrer au fond du malheur. Je vous raconterais son histoire un jour, ami, ou plutôt non, je ne vous dirais rien et vous le présenterais simplement comme un petit être à aimer très fort, car il ne mérite que d’être heureux. Pour moi, j’emploierais désormais toutes mes forces à le faire sourire. Car j’ai longuement réfléchi, et j’ai décidé de m’occuper d’Aurélien. Lui-même, petite boule de silence, m’a dit qu’il ne me voulait point quitter. Prétentieux que je suis de vous le dire ainsi, mais c’est la vérité, de Guiche, et elle me rend si joyeux que je crois que je pourrais me passer bien des folies dans le seul but de ne point l’oublier. Au reste, de cela, il n’y a point grand risque : certain marmot qui tire en ce moment sur ma chemise est là pour me la rappeler à chaque instant. Nous nous trouvons en ce moment au château de l’Estang, le marquis ayant eu la gentillesse de nous offrir l’hospitalité. Après dix jours passés en forêt, j’avoue qu’un bon lit et un peu de vin chaud nous ont fait le plus grand bien. Dormir à la belle étoile ne me rebute point, loin de là, habitué que j’y suis depuis fort longtemps, et tout particulièrement depuis un an que j’ai résolu de courir les routes pour guérir ma tête et mon cœur de ce que vous savez. Seulement voilà, il y a Aurélien : lorsque je le regarde dormir près de moi, roulé dans mon manteau, je ne peux que veiller. C’est si petit, si fragile ! Fermer les yeux serait criminel, quand il peut lui arriver n’importe quoi. Depuis un mois que nous voyageons ensemble, nous n’avons point manqué de belles rencontres, d’âmes généreuses qui nous ont ouvert la porte de leur chaumière, mais cela n’arrive point tous les jours, et c’est un fait : j’ai véritablement béni les draps de M. de l’Estang. J’abuse en ce moment de son hospitalité, et ne repartirais que demain matin. Nous faisons route vers Paris, et je ne veux point crever mon pauvre Murmure, qui m’est un compagnon bien cher, aussi mettrons-nous probablement plus de quatre jours, et durant ce temps il n’est pas dit que nous trouvions à nouveau un toit. En bon ami égoïste, je veux faire provision de sommeil, quitte à retarder pour cela le moment de vous retrouver. Encore cela ne me rendra-t-il point ma bonne mine d’autrefois, et je m’amuse déjà de votre éclat de rire : je dois en ce moment ressembler à quelque chose comme un canard enrhumé. Bah ! C’est ainsi que j’aime à vivre, ou plutôt, que j’ai compris que j’aimais à vivre. Que voulez-vous, après un quart de siècle de vie rangée et stérile, je peux bien me permettre de choisir l’incertitude et les coups de folies. De longues nuits blanches, un pourpoint usé jusqu’à la doublure, une branche dans la figure de temps à autre, une petite main qui aime à se glisser dans la vôtre… C’est ainsi qu’on est heureux, de Guiche.
Adieu, je donne cette lettre au courrier ordinaire, qui vous la remettra en main propre. Je reviens, ami, je reviens !
Tendresses et sourire fatigué de votre ami,
Raoul, vicomte de Bragelonne.

PS : Le texte de Iou se trouve plus ou moins en vrac sur mon ancien LiveJournal, ceux que ça intéresse peuvent tenter de les retrouver au bas de cette page, dans l'ordre décroissant.

Publié dans Scribouillages

Commenter cet article

Andromède 02/11/2007 18:41

Mery : Merci !! Je suis contente que tu me dises ça, ça prouve que mon vieil amour platonique et romanesque n'est tout de même pas un cas désespéré ;)

PM : Tous les écrivains ne sont pas dessinateurs... Et vice et versa. Aimer écrire donne à aimer le Beau en général : peut-être que la "polyvalence" de certains vient de là ? On donne, on essaie, on touche à tout... La curiosité n'est pas monolithique ;)

PM 02/11/2007 08:12

Pourquoi les écrivains sont toujours forcément peintres ou déssinateurs? La passion des mots et celle du pinceau ou du crayon vont-elles tjrs de paire? Noble interrogation.

Meresankh 30/10/2007 21:54

*se liquéfie sur-le-champ et s'incorpore au plancher* (mééé on n'a pas idée de laisser traîner des dessins pareils *-*)

Je dois redire à quel point tu l'as réhabilité, notre vicomte ? Il est beau, il est fin et rêveur, et il redécouvre... faire ça à partir du pauvre môme noyé dans ses larmes de Dumas, c'est quelque chose.

Gneuveux de la Betterave à tous les repas !!

Sév 29/10/2007 17:51

Ah oué.