El Zorro !

Publié le par Andromède

Et voilà, un nouvel amour. C'est entièrement ma faute : j'ai voulu essayer une méthode plus radicale pour surmonter la pseudo-crise, et samedi, j'ai pioché *presque* au hasard un roman de cape et d'épée dans mon énorme pile de bouquins à lire... Et c'est tombé sur le Zorro d'Isabel Allende.

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Qui a dit que Zorro, c'était pour les gamins ? *___* ce livre, c'est du bonheur à l'état pur.

El Zorro, Comienza la Leyenda

Cette histoire est celle de Diego de la Vega, elle raconte comment il devient le légendaire Zorro. Son identité, tenue secrète pendant tant d'années, est aujourd'hui révélée, avec une certaine hésitation, dans l'intention de devancer ceux qui s'acharnent à diffamer Zorro. Le nombre de ses rivaux est considérable, comme cela arrive en général à ceux qui défendent les faibles, volent au secours des demoiselles, humilient les puissants. Tout idéaliste se fait, bien sûr, des ennemis, mais ses amis sont bien plus nombreux. Voici ici le récit de ses aventures, car à quoi servirait que Diego risque sa vie au nom de la justice si personne n'en sait rien ? L'héroïsme est une activité mal rétribuée, qui conduit souvent à une fin prématurée, raison pour laquelle elle attire soit des fanatiques, soit des gens qui éprouvent une fascination morbide pour la mort. Il existe fort peu de héros qui soient à la fois romantiques et sympathiques. Disons-le sans ambages : aucun n'égale Zorro.

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Qui est Diego de la Vega, alias Zorro, le justicier masqué que nous connaissons tous ? Isabel Allende, avec l'humour qui la caractérise, nous emmène dans les coulisses de la légende. Né dans le sud de la Californie à la fin du XVIIIe siècle, Diego de La Vega est l'enfant de deux mondes. Son père, un gentilhomme espagnol, et sa ravissante mère à moitié indienne façonnent sa double personnalité. Après une enfance riche d'enseignement, du maniement de l'épée à l'initiation aux rites de sa tribu, il embarque à quinze ans pour Barcelone. Le maître d'armes Manuel Escalante repère cet élève doué, contribue à parfaire son éducation et l'accueille dans une société secrète, La Justice, qui combat toutes les formes d'asserviseement.
Avec à ses côtés le fidèle Bernardo, Zorro déploie des talents exceptionnels puis il retourne en Californie pour continuer sa lutte contre les injustices, devenant un symbole d'espoir pour les faibles et les opprimés.

Je suppose que les couinements énamourés, quoiqu'assez représentatifs, ne suffiront pas à vous exprimer ce que j'ai pensé de ce livre... Alors allons-y, plus ou moins dans le désordre. D'abord, malgré ce que semble annoncer le premier texte, ce livre n'est pas centré sur les aventures de Zorro lui-même, mais bien sur celles de Diego de la Vega, avant qu'il ne devienne Zorro. Que ce soit la série de Disney ( qui n'a jamais couiné sur le bô Guy Williams, hmm ? ) ou les films plus récents avec ce vieux bellâtre de Banderas, les versions antérieures s'attachaient toujours au Diego!Zorro, jamais au Diego tout seul. Eh bien ici, on a droit à une genèse complète et très détaillée de l'histoire du héros masqué, qui va du récit de la rencontre entre ses parents, Alejandro de La Vega et l'Indienne Toypurnia "Fille des Loups", à son retour d'Espagne, après des études et un long périple qui auront duré cinq ans en tout.

Et ce qui génial, c'est que malgré l' "absence" de Zorro, eh bien... il est là ! On le sent, à chaque page, parce qu'il est Diego, et qu'on le sait, Diego sera Zorro. Le héros de l'histoire, ici, ce n'est pas le masque, c'est ce qu'il y a sous le masque : un homme têtu, rêveur, courageux, ambigu et un peu schizophrène sur les bords XD Le plus fort, c'est que cet homme là est avant tout un gamin ( normal, on nous raconte son enfance ), et un gamin qui comme la plupart de ses congénères, mérite plus de coups de pieds aux cul que de bisous. Pendant les 3/4 du bouquin, Diego reste une vraie tête à claques, à laquelle on n'a malgré tout aucun mal à s'attacher, parce qu'il sait rester simple et profondément humain. Il faut dire qu'il évolue au milieu d'une galerie de personnages assez hauts en couleurs, qui loin d'être de simple faire-valoirs ( comme c'est souvent le cas dans ce genre d'histoire et avec ce genre de héros ), ont une vraie épaisseur et jouent pour la plaupart dans la même cour que le Renard, quand ils ne le surpassent pas. Que ce soit Bernardo, jeune Indien sage et mélancolique ( greuh <3 ), frère de lait de Diego, compagnon d'aventures et conscience de service ( XD ), Isabel de Romeu, gamine presque aussi têtue que Diego dont la spécialité est de lui pourir son groove chaque fois qu'elle le peut ( XD ), Manuel Escalante, maître d'armes et père spirituel dans toute sa splendeur, Toypurnia et Chouette-Blanche, figures féminines dures et aimantes qui donnent à Diego le goût de l'insolence, Jean-Lafitte-le-corsaire-qui-a-trop-la-classe-et-qui-nous-débarrasse-de-la-greluche-de-service... BREF ! Classique, peut-être, mais pas tant que ça, au fond...

Parce que les rituels d'initiation indiens, la hiérarchie cruelle et insidieuse entre Blancs et amérindiens dans la Californie du XIXe, la réflexion sur le métissage et le tabou qu'il représente, le rapport aux croyances des autres, l'Histoire de l'Espagne ( des guérillas anti-Napoléon au retour à la monarchie autoritaire de Ferdinand ) qui ne sert pas seulement de toile de fond mais supporte une bonne part de l'intrigue, sont autant de thèmes sur lesquels l'univers de Zorro n'a pas forcément l'habitude de broder. Et autant de thèmes qui, malgré la jeunesse des héros, rendent le livre plus adulte et plus intéressant. Certes, ça reste de la littérature "populaire", un peu manichéenne, un peu clichée... Mais pour combien d'innovations et d'instants de jubilation intense ? Car autant les tribulations amoureuses de Diego avec la Greluche font plus grogner qu'autre chose, autant sa lente transformation en Zorro, la constitution de ses deux personnalités distinctes, son entrée dans le monde des adultes et l'affirmation de ses qualités comme de ses défauts font de ce livre un réel enchantement.

Et si en plus vous êtes déjà fan de Zorro, alors c'est tout bon, vous n'arriverez même plus à le lâcher.

NB : Quand je disais que c'était tout bon pour faire passer la crise ! *en train de travailler sur une nouvelle spéciale Renard*

Publié dans Bibliophagie

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gabrielletrompelamort 27/03/2008 19:22

Ay, Caramba !
Merci à Zorro de te redonner la foi, le groove, l'inspi, bref, d'avoir "réparé" ta plume. ;)
Ca donne envie de lire le bouquin... ^^

Andromède 25/03/2008 20:52

Ah mais c'est justement ça, l'important : d'y croire *__* !! *mode Peter Pan add/on*
Et puis bon, quel enfant n'a jamais joué à se prendre pour son héros préféré ? Tu peux être fière d'avoir un jour incarné Zorro, règle à la main ! XD

Luminelya 25/03/2008 20:43

Ah bah c'est chouette tout ça ^^
Et ça me donne envie *__* J'étais super fan de Zorro quand j'étais petite ! Je n'avais même pas de vraie épée alors je jouais avec une règle, mais j'y croyais fort ^^.