"Le Secret des Andrônes", Pierre Magnan.

Publié le par Andromède

Après une semaine en mode "autiste", entièrement consacrée ( ou presque ) à boucler ce satané chapitre 16 ( ils sont à La Rochelle, miracle *__* ), je me suis dit qu'il était peut-être temps de chroniquer sur ma dernière lecture :




Le Secret des Andrônes

Qui a précipité Jeanne, l'aide-soignante de Rogeraine, la belle infirme, du haut de la citadelle de Sisteron, pendant la représentation de " La tour de Nesles " ? Qui s'acharne à jeter dans le vide, l'une après l'autre, ses autres aide-soignantes ? Présent par hasard à Sisteron, le commissaire Laviolette, retraité de la police, va essayer - non sans difficultés - de démêler l'écheveau de cette sombre affaire, sur fond de souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Un vrai roman policier, complexe à souhait.

De fait, c'est vrai que le roman est complexe. Non seulement au niveau de l'intrigue et des personnages, mais aussi au niveau des registres : l'auteur ne se contente pas de débrouiller les mystère, il s'attache également à faire revivre le cadre et l'époque, c'est à dire une ville de provence à la fin des années 60. Les raisonnements du commissaire et les tâtonnements de l'enquête sont ainsi entrecoupés de descriptions détaillées, d'envolées lyriques ( le héros est un vieux romantique ) et d'introspections pseudo-poétiques. J'avoue avoir parfois trouvé le procédé un peu lourd ( d'autant que si Pierre Magnan n'écrit pas mal, il ne s'appelle pas Chateaubriand non plus, loin de là ! ).
Côté personnages, la galerie est assez fournie, à tel point qu'on a du mal à s'y retrouver : les silhouettes et les caractères sont à peine ( voire pas du tout ) esquissés, on n'a souvent droit qu'au nom et à la fonction sociale et/ou professionelle ( médecin, notaire, membre du Secours Catholique, etc... ). Ni un bon, ni un mauvais point, puisque cela rentre dans le procédé d'écriture : ces figures là sont des ombres, qui s'appliquent à rester sourdes et muettes aux yeux du commissaire Laviolette. Seule la "belle infirme", Rogeraine Gobert, dont on devine très rapidement ( en même pas deux pages ) qu'elle est la véritable victime de l'assassin, la cible parfaite qui clignote au néon. Ancienne résistante, on devine également assez vite qu'elle a commis jadis un acte terrible, dont elle semble avoir tout oublié, et que les meurtres en séries ne sont commis que pour lui rendre la mémoire, et lui donner des remords. Le personnage apparaît d'abord détestable à souhait ( hautaine, méprisante, méchante, insensible, j'en passe et des meilleures ), pour ensuite se faire accepter comme telle, et ne plus être qu'un spécimen de tête à claques parmi tant d'autres.

Seul deux personnages se détachent du lot : le héros, Laviolette, et l'assassin. Tous deux romantiques, passionnés, humains... ils semblent les seuls à se laisser guider par autre chose que la couardise ou la cupidité. Le problème, c'est que ce côté psychologique de l'intrigue est quelque peu bâclé, puisqu'il est noyé dans le mélange des genres et les digressions : le lecteur finit par ne plus se concentrer que sur les indices et les éléments de l'enquête, tant il a peur de se perdre en route, et en oublie le reste.

Côté intrigue, je dirais qu'elle n'est plutôt pas mal fichue : on croit deviner assez rapidement qui et pourquoi, mais le retournement de situation final ( bien amené, et qui ne survient qu'aux toutes dernières pages ) met par terre ce que l'on croyait acquis depuis le début.

Au final, un bon roman policier, mais un roman de vacances, qui ne m'a pas vraiment marquée.
Dommage...

PS : Vendredi matin, j'enfourche mon destrier avec armes et bagages, et entreprend de traverser la France pour aller rejoindre Gaby, quelque part du côté de Marseille, avant d'aller buller une petite semaine avec la smala. Je serais donc absente du net pendant environ 15 jours ;) See you soon !

Publié dans Bibliophagie

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Manu 17/07/2008 21:50

Bonne vacances Andromède. Profites bien de ces précieux jours.

Quand au roman. Eh bien, l'intrigue avait l'air intéressante mais tu as été bien sévère ...