L'Homme et la mer.

Publié le par Andromède

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !


Charles Beaudelaire, "L'Homme et la mer", in Les Fleurs du Mal, 1861.

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Tsumïre 12/08/2008 19:19

Ce poème me fait penser à un livre que j'ai lu sous les conseils de mon père à mon jeune âge. J'en garde de bons souvenirs bien que si je devais te le résumer, tu ne trouverais pas beaucoup de matière, je le crains.
Peut-être l'as-tu lu?
Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway

Ce poème m'a donné envie de le relire.