"Le Bagnard de l'Opéra", Alexandre Dumas.

Publié le par Andromède

Gabriel Lambert
ou
Le Bagnard de l'Opéra




Gabriel Lambert, le pâle forçat du bagne de Toulon, peut-il vraiment être cet élégant vicomte Henry de Faverne, aperçu jadis au balcon de l'Opéra de Paris ? Un homme d'aussi noble lignée peut-il décemment affronter en tremblant son adversaire au petit matin ? Ce dandy si riche ne doit-il sa fortune qu'à son immense talent de copiste ? Quant à la jeune fille bafouée qui cherche à la retrouver, parviendra-t-elle un jour à lui pardonner sa fuite, sa lâcheté, et ses mensonges ?

Dans ce court roman injustement méconnu, Dumas nous fait vivre les surprenantes pérégrinations d'un dandy faux-monnayeur. Les témoins de ce destin singulier, fascinés et dégoûtés en même temps par cet artiste en contrefaçon, défilent sous nos yeux : du roi Charles X à Vidocq, le chef de la police, en passant par les artistes et les hommes de science, tous se penchent sur la personnalité complexe d'un être trop doué pour ne pas devenir criminel...

( Oui, hier soir, j'en ai eu un peu marre de Diderot... )

Depuis le tome des Crimes Célèbres sur les Borgia je n'avais plus ouvert un Dumas... et j'avoue que le retrouver m'a vraiment fait beaucoup de bien. Ce roman est court, mais tellement représentatif de ses thèmes de prédilection et surtout de sa verve merveilleuse que je comprend qu'on le fasse étudier à l'école... ( D'ailleurs, merci encore à Lo' de m'en avoir filé un exemplaire ^o^ ).

Comme le premier titre l'indique, Le Bagnard de l'Opéra raconte l'histoire d'un certain Gabriel Lambert, paysan de naissance, faussaire de profession et dandy parvenu. Trois narrateurs se succèdent pour reconstituer le fil de sa vie : d'abord Alexandre Dumas lui-même, qui nous dit avoir rencontré à Toulon, en 1835, un étrange bagnard dont il se souvient de l'avoir autrefois connu sous un autre nom, Henry de Faverne. En effet, quatre ans auparavant, l'un de ses amis s'était pris d'une querelle avec cet étrange aristocrate, et lui, Dumas, avait dû lui servir de témoin. Ce duel, lors duquel Faverne se révèle singulièrement mal dégrossi ( il ignore les usages, n'a aucune élégance morale et se bat comme un furieux ), se termine sur sa défaite.
C'est alors le docteur Fabien, ami de Dumas et témoin "médical" de la rencontre qui prend le relais en temps que narrateur, et nous raconte ce qu'il apprend de Faverne. Son passé, son don pour l'écriture et la copie, son aventure avec la jeune paysanne Marie Granger ( la troisième narratrice ), qu'il mettra enceinte avant de se sauver à Paris et de disparaître pour ne pas avoir à l'épouser, ses activités de faussaire grâce auxquelles il a pû devenir riche et se faire passer pour ce qu'il n'était pas, et surtout son extraordinaire lâcheté.
Car Gabriel Lambert est un lâche, un criminel peureux qui inspire doublement le dégoût à tous ceux qui le côtoient ( même son propre père ), à tel point qu'il préfèrera l'horreur du bagne à l'expiation par la guillotine. Le roman s'achève sur le récit de son suicide, suicide qui n'en est pas vraiment un puisqu'il tient plutôt de l'accident comique : Lambert reste un lâche jusqu'au bout.

Le livre est court, peu propice aux grandes péripéties, mais très riche au niveau de l'écriture. Les premiers chapitres, ceux où Dumas nous raconte la querelle de l'Opéra et le duel qui s'ensuit, sont de véritables morceaux d'anthologie : les dialogues, surtout, sont absolument savoureux ( comme toujours chez Dumas, me direz-vous ). En à peine deux cent pages, le romancier parvient à camper toute une galerie de personnages assez hauts en couleurs : Lambert, Fabien, Marie Granger, Oliver d'Hornoy ( l'adversaire de "Faverne" ), Vidocq, le forçat Rossignol, le roi Charles X... et bien sûr Alexandre Dumas en personne, qui se met en scène comme spectateur des événements et "copiste" fidèle des témoignages qu'il a recueilli... mêlant ainsi, une fois de plus, la réalité et la fiction, le roman et les mémoires, l'Histoire et l'anecdote. "Faussaire" de génie lui-même, Dumas ne pouvait qu'essayer de nous embrouiller, sans doute à la fois par "prudence" et par jeu. La désinvolture des nobles sur les duels à la sauvette nous fait sourire, mais la pitié qu'inspire Lambert attendant de monter à l'échaffaud, ainsi que les réflexions de Fabien et Charles X sur la peine de mort sont loin d'être anodines... et font clairement écho à celles du Dernier Jour d'un condamné, écrit et paru quelques années plus tôt.

Roman épique, donc, roman comique, roman d'apprentissage... Roman de l'écriture, aussi, où les fautes d'orthographe et le parler vulgaire des bagnards côtoient les dons de calligraphe de Gabriel et la verve inénarrable de l'auteur. Les contradictions de ce dernier n'ont d'ailleurs jamais paru aussi flagrantes, entre sa capacité à brouiller les pistes, ses tendances à la fois républicaines et royalistes, ses auto-mises en scènes et le "recours" constant aux textes et à la voix des autres. Mais c'est Dumas, c'est son style, c'est son sens du spectacle et du romanesque... Alors pourquoi se plaindre ? :)

Publié dans Bibliophagie

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nicolas 21/03/2012 17:28


Bonjour je suis elebe de 4e j'ai un gros probleme avec ce livre je ne comprend strictement  rien si quelqu'un pourrais m'expliquer merci je dois passer un test sur ce livre :/ Merci

maeva 26/10/2015 14:59

je ne comprend rien

maeva 26/10/2015 14:58

moi aussi

emin 08/01/2012 14:03


Bonjour en faite jvoudrai savoir si quelqu'un peu m'ecrire le résumé du bagnard de l'opéra chapitre par chapitre j'ai pas le livre et le prof ma demander de faire sa . sa serai vraiment très
sympa de pouvoir me faire sa  Merci

gens 08/01/2011 14:21



C'est quoi comme genre littéraire



Kenza 01/01/2011 17:01



Bonjour , Je cherche des romans qui se rapprochent DU BAGNARD DE L'OPERA , lire quelques passages et les racontez . 


Pouvez vous m'aidez  sil vous plait j 'ai vraiment besoin daide ! 


Merci d'avance !!!! 



Magalie 11/12/2010 11:17



Oui , je le lit en se moment dans ma classe ;P . Un peu difficile a comprendre mais je ne suis pas une tres bonne eleve ...