"Au delà de l'Oraison", Samantha Bailly.

Publié le par Andromède

Eeeeet me voici de retouuuuuur !! *tadaaaaa* Après quatre semaines de révisions (plus ou moins) intensives, de concours blanc et de concours ENS, j'ai passé trois jours à dormir non stop, afin d'être en pleine forme pour cette rentrée dans le monde des blogs littéraires XD
Ahem.
Avant de commencer la review du jour, quelques news en vrac, tant que j'y pense : 
-Changements sur le blog, et pas seulement au niveau de la bannière : j'ai viré les deux galeries de dessins ("Dumas (fanart)" et "Miroir (illus)" ), attendu que j'ai réactivé ma galerie DeviantArt après plus de deux ans d'absence. Vous y trouverez la quasi totalité de mes oeuvres, ou du moins celles que je juge les plus réussies^^. Cela signifie que sauf exception, ce blog sera désormais uniquement consacré aux chroniques de lecture et d'écriture, sans plus de dessins.
-J'ai également viré les deux barres de stats écriture, pour une raison évidente : Miroir est terminé, et je me consacre en ce moment aux corrections/réécritures^^. Promis, des nouvelles bientôt^^ 

Bon, ça, c'est fait. La suite, maintenant XD

Au delà de L'Oraison
"La Langue du Silence" (t.1)
Samantha Bailly

 
 
Mylianne Manérian est une jeune fille sans histoire. 
Alors pourquoi est-elle retrouvée morte dans une ruelle lugubre ? De l'avis général, c'est l'œuvre des clans, ces rebelles qui menacent la paix du royaume. 

Les deux sœurs de la défunte, Aileen et Noony, ne se satisfont pourtant pas de cette explication. Aileen, envahie par la haine, est prête à tout pour venger sa cadette au risque de se trouver mêlée à des intrigues qui la dépassent. Noony, quant à elle, se révolte en apprenant que leur royaume projette d'envahir Rouge-Terre, un continent voisin, quitte à faire des milliers de victimes. 

Au milieu de l'indifférence générale - la mort est une généreuse source de revenus - les deux sœurs vont tenter de stopper les conflits et de révéler au grand jour les manipulations de leurs dirigeants.

Présentation piquée sur le site de Sam, parce que j'ai la flemme d'inclure ça dans la review :

Grammaire : une oraison est un assemblage de mots qui forment un sens complet et qui sont construits suivant les règles grammaticales.
Religion : une oraison est une prière méditative centrée sur la contemplation divine.

L'Oraison funèbre est un discours prononcé à la louange d'un mort.

Dans le roman, il s'agit d'une oraison funèbre liée à un rituel magique et mystérieux, qui est le travail rémunéré des oraisonniers. C'est une cérémonie consistant à envoyer les morts sur leur planète attribuée à la naissance dans un procédé de réincarnation. Considérée comme un art puissant et sacré, seules les personnes formées dans la Corporation des Marchands d'Etoiles, résidant dans la cité de Manérian, peuvent accéder à ce savoir. L'art d'Oraison s'appuie sur l'Astrascisme, la religion maîtresse dans le Royaume d'Hélderion.


Avant toutes choses je tiens à remercier Sam, l'auteur de ce roman (dont le site se trouve en lien dans ces colonnes depuis un bon moment, déjà), d'abord pour l'avoir écrit, ensuite pour nous avoir fait partager l'aventure de sa publication depuis le début ou presque, et enfin pour la très gentille dédicace à laquelle j'ai eu droit malgré mon étourderie lors de la commande ^^;


Tout d'abord, j'avoue que je ne suis pas du tout une lectrice de Fantasy, c'est un genre que je n'aime pas, pour beaucoup de raisons, dont Au delà de l'Oraison se trouve précisément être l'illustration parfaite. Cela ne signifie pas que je n'ai pas aimé le roman, au contraire, mais tout ce qui ferait sans doute ses qualités aux yeux d'un amateur du genre, m'est au contraire apparu à moi comme un certain nombre de défauts, ou plutôt comme des éléments que je savais nécessaires et cohérents avec le genre et l'intrigue, mais qui m'ont profondément agacée à titre personnel. C'est d'ailleurs valables avec tous les bouquins de SFFF qui me tombent sous la main ^^; 

[Ex-cursus généralisant, ou "Pourquoi Andro n'aime pas la fantasy". Si ça vous gonfle, vous pouvez passer directement à la suite de la review, un peu plus bas^^]
En fait, je n'aime pas la fantasy parce que même si je comprends l'intérêt de la démarche et toutes les possibilités qu'elle offre, je trouve dommage (et même carrément inutile, souvent) de choisir de créer un autre monde de toutes pièces alors que le nôtre est déjà si riche et si complet. De plus, à une échelle plus ou moins importante, cet "autre monde" est toujours là pour renvoyer au nôtre, au final, pour nous parler de nous et de ce que nous vivons de manière détournée et indirecte. "Mais à quoi bon, alors ?" : c'est une phrase que je me suis répétée souvent en lisant Au delà de l'Oraison, parce que j'ai trouvée que les insuffisances du "procédé fantasy" y était assez flagrantes, même si compensées par la très grande cohérence de l'univers qui est construit (mais ça c'est un point positif sur lequel je reviendrai plus bas ).

Le premier point, c'est la langue : utiliser le français (ou toute autre langue), qui est un système de communication précis dont chaque signe renvoie à un élément civilisationnel de NOTRE monde, pour en créer un autre qui n'a rien à voir, ou presque, c'est lui coller un énorme handicap dès le départ : il est bâti avec le squelette d'un autre. Dans Au delà de l'Oraison, bon nombre d'éléments font sentir ce décalage de façon plus ou moins cruelle : les poèmes de Shala sont plus ou moins bâtis sur une métrique et des règles qui sont celle de "notre" métrique classique, des éléments tels que les étoiles à cinq branches, les narguilés, les prénoms même ("Alexian", "Yamilia", "Aileen"... ce sont des noms qui existent dans notre monde) sont des symboles ou des objets qui connotent et renvoient à d'autres civilisations que celles du monde des Trois-Royaumes... c'est ce qui m'a souvent fait tiquer en lisant (mais je répète, c'est comme ça à chaque fois que je me plonge dans un bouquin de fantasy ou de SFFF en général) et du coup me faisait sortir de ma lecture en grognant... Je trouve ça franchement dommage :/
[/fin de l'ex-cursus anti-fantasy d'Andro]

Ici, l'histoire commence avec le meurtre de la jeune Mylianne, benjamine de la famille Manérian, autour de laquelle est bâtie l'intrigue : tout le bouquin découle de cet événement et des réactions en chaîne qu'il provoque, tant dans les choix et la psychologie des deux soeurs que dans les résonnances politiques qui l'accompagnent. En (très) gros, ce monde est composé de trois continents : Heldérion, royaume dominant et terre où s'est épanoui l'Astrascisme, religion complexe fondée sur la croyance que le destin de chaque individu est lié à l'astre sous la protection duquel il a été placé à sa naissance, et où son âme est "envoyée" après sa mort grâce à la cérémonie de l'oraison. Ce rituel produit du même coup une certaine quantité de "résuadine", substance mystérieuse censée contenir une partie de l'âme du défunt, et que les oraisonniers revendent ensuite au gouvernement, s'assurant ainsi une bonne source de revenus... et de fait, ce commerce de la résuadine est un élément clé de l'intrigue, en ce qu'il creuse un fossé entre la véritable Foi (prononcer l'oraison d'un mort est un acte noble, qui lui permet de trouver le repos) et les implications économiques de cette religion (en gros, plus il y a de morts, plus il y a de résuadine, donc plus on a de sous). C'est ainsi que les deux guerres de conquêtes, la première lancée contre le royaume de Thyrane, achevée depuis plusieurs années, et la deuxième qui se déclare au milieu du roman avec le continent Rouge-Terre, lancées soit-disant pour sauver les âmes des hérétiques en les convertissant à la véritable foi, apparaissent peu à peu comme beaucoup plus scabreuses... et ce sont toutes ces magouilles et incohérences politiques, dont le meurtre de Mylianne n'est que l'une des nombreuses manifestations, qui vont peu à peu amener les personnages à douter et à remettre leur monde en cause.

Comme je l'ai dit plus haut, la Fantasy n'est vraiment, mais alors vraiment pas ma tasse de thé... Cependant j'avoue avoir pris du plaisir à lire ce roman, car l'auteur a fait un véritable effort de cohérence et de construction par rapport à l'univers qu'elle invente. C'est donc un véritable plaisir de le découvrir petit à petit sous tous les angles, dans toutes ses subtilités^^ Bien sûr, cela reste un roman jeunesse (même si certaines scènes, comme le viol-meurtre de Mylianne ne sont pas précisément pour les gamins), mais les thèmes abordés, comme le décalage entre la pureté de la Foi et le pragmatisme vénal de l'Eglise, les conflits religieux, ou encore la difficulté à se détacher du dogmatisme et de ses propres préjugés, tout cela font de La Langue de Silence un roman intéressant et très agréable à lire^^

Le début passe un peu vite sur la mise en place des personnages et leur développement psychologique, ce qui fait qu'on est souvent un peu largués quant à l'évolution de leurs relations... mais tout cela s'améliore au fil du roman, et j'avoue avoir beaucoup aimé les "surprises" de la fin, ainsi que la cohérence globale des chemins suivis par les personnages. Le manichéisme de ces derniers m'a par contre un peu gonflé : en gros, les femmes sont les Gentilles, les hommes sont les Méchants. Il y a des nuances, bien sûr, mais le schéma reste tout de même celui-ci, et j'avoue avoir eu du mal à le supporter. J'ai du mal avec les personnages féminins en général, d'ailleurs... à mon sens y'a pas plus horripilant qu'une héroïne dans les romans d'aujourd'hui ^^; mais ça reste un avis personnel, bien sûr XD

Enfin, pour terminer sur une note positive, ce que j'ai vraiment beaucoup aimé, dans ce roman, c'est l'hommage discret mais constant qu'il rend au langage et à la poésie, à l'art de manipuler les "Signes", qui sont et seront toujours l'essence de notre perception du monde. Qui sait s'en servir peut dès lors choisir entre la Langue du mensonge... et le Silence de la vérité. 

A lire donc ;) Si vous voulez vous faire une idée par vous même, allez donc visiter le site de Samantha, en lien dans la catégorie "Où il fait bon s'égarer", ci-à gauche^^

PS : Et encore une chronique qui ne ressemble à rien... Bravo à vous si avez réussi à lire jusqu'au bout =.=° Un jour, 'faudra vraiment que je fasse l'effort de raccourcir et organiser tout ça ^^;;;
 

Publié dans Bibliophagie

Commenter cet article

chiffonnette 08/03/2010 08:49


Ah mais il y a de la fantasy qui s'ancre dans notre univers!! :-))
Bref, moi je suis une convaincue, mais je comprends fort bien tes arguments! J'irai jeter un oeil à cet opus, parce qu'on ne sait jamais!


Andromède 12/03/2010 22:02


Sans doute, mais même si je n'y connais pas grand chose, il me semble que ça implique quand même une grosse part de merveilleux et d'univers "à part", non ? J'avais ouvert "Les Lames du cardinal"
de Pierre Pevel, il y a quelques temps, mais même si j'adore le XVIIe et plus particulièrement ce genre d'ambiance "mousquetaire", je n'ai hélas pas accroché du tout... Je dois être un cas
désespéré ! XD

Et oui, je ne peux que te conseiller de lire "La Langue du Silence", car au delà du genre, c'est véritablement un roman de qualité qui mérite d'être lu !! =) (le site de l'auteur est dans mes liens
à droite, si jamais tu souhaites en savoir un peu plus ;) )


Bamboo 01/06/2009 18:21

De fil en aiguille (ou de lien en autre lien, comme on voudra), je suis arrivée ici, ce qui est loin de me déplaire. Juste une question à poser: pour toi, la fantasy c'est nécessairement dans un monde parallèle? Ou c'est peut-être (sans doute) juste moi qui suis irrémédiablement hermétique à la nomenclature des genres littéraires ^^. A part cela, j'adore le dessin du Chevalier dans l'article précédent. Et je suis en K à Valenciennes. Ce qui m'a fait rire quand j'ai appris que tu étais sur Douai. ^^And terzio, il serait sérieusement temps que je me remette aux romans KPDP (comme tu dis) zet historiques.Je reviendrai! ^^ 

Arsène Lupin 28/04/2009 23:43

:D... contente de te re-lire !!

Manu 28/04/2009 21:11

Contente de te revoir en ces lieux. Bon j'avoue que je ne suis pas fan du tout de fantasy non plus, donc je pense que je ne m'attarderai pas sur ce livre !