Des histoires de chevaliers.

Publié le par Andromède

Il est tout beau, il est tout neuf, il est tout frais publié et il est ici. Ca s'appelle "Heautontimorouménos" (non, ce n'est pas le nom du dernier virus en date qui circule) et ça parle de Mû et Saga, pour changer. Rien d'explicite, que des non-dits, pas de baiser, pas de déclaration en bonne et dûe forme, niet, à peine quelques effleurements par-ci par-là et une ambiance romantico-rock n' roll assaisonnée à la sauce Baudelaire. J'en avais envie depuis très longtemps, alors j'ai profité d'un capital neurones à reconstituer après les partiels pour me lâcher un peu \o/

Pourquoi Mû et Saga, me demanderez-vous ? Après quatre ans passés à n'écrire que de l'original, ou presque, quatre ans à suer sur Miroir, sur mes pastiches Dumas, sur les aventures du chevalier des Halliers (qui a changé de nom entre-temps, au passage, et qui s'appelle désormais Ariel de Bois-Fleuri), et sur d'autres textes historiques, bref, après quatre ans passés le nez plongé dans l'univers des aventures de Cape et d'Epée, pourquoi me remettre à la fanfic maintenant, et surtout, pourquoi à la fanfic Saint Seiya ?

Je crois l'avoir déjà dit à de nombreuses reprises, mais bien avant Dumas, bien avant HP et bien avant le théâtre classique que j'affectionne tant et qu'il m'est arrivé de pasticher (voir ici), Saint Seiya a été le tout premier univers dont je suis réellement tombée amoureuse, quand j'avais dix ou onze ans, que nous venions de nous installer dans notre nouvelle demeure et que je découvrais les miracles du câble et du satellite, planquée entre deux piles de cartons, les yeux fixés sur l'écran de la télé tout juste branchée et installée tant bien que mal sur une chaise branlante. C'était la grande époque de la chaîne Mangas, sur TPS, dans les années 99/2000, et je crois que je me souviendrai longtemps de ce générique qu'ils nous passaient, en ce temps là, pas le célèbre "Les Chevaliers du Zodiâââââââqueuh", mais un autre de Bernard Minet, tout aussi ridicule quand on l'écoute aujourd'hui, mais tellement chargé de nostalgie que ça m'arrive encore, du haut de mes 20 ans actuels, de me le repasser en boucle en chantant les paroles à tue-tête... *o*

L'aventure est sur tooooon chemin
Il suffit de teeeeendreuh ta main
En chantant ce petiiiiit refrain
En avant, en avant, chevalieeeers

Garde tes yeux sur l'hooorizon
Fais ton devoir aveeeeec passion
Et surtout chanteuh la chanson
La chanson, la chanson des chevalieeeers 


Eh bien croyez-le ou non, mais ce générique a vraiment été le point de départ de beaucoup de choses. Les lecteurs de ce blog et ceux qui connaissent un peu mon travail savent que s'il y a bien un fil conducteur dans mes oeuvres, c'est toujours la notion de Chevalerie.  Que ce soient les personnages de Miroir, le Chevalier et Aurélien, que ce soient Raoul de Bragelonne, Athos et d'Artagnan dans mes pastiches Dumas, ou que ce soient les pages et les pages de chroniques de lecture que j'ai écrites ici et qui encensent à tour de bras des figures telles que Pardaillan, Zorro, Lagardère, Rodrigue, Don Quichotte... bref, que ce soit n'importe laquelle de mes petites obsessions personnelles, vous ne ferez jamais un pas dans mon univers sans tomber à un moment ou à un autre sur une figure chevaleresque. Et la naissance de cette obsession, ce n'est pas aux Mousquetaires que je la dois, contrairement à ce qu'on pourrait croire, mais bel et bien aux aventures de Seiya, Shiryu, Shun, Hyoga et Ikki. 

Ben oui, à force d'entendre brailler "En avant, chevaliers !!" toute sa petite adolescence, on finit par avoir envie de réfléchir au concept XD

Et la matière à ce genre de réflexion, ce n'est pas ce qui manque, dans Saint Seiya.

J'ai posé la question du "Pourquoi Mû et Saga ?" plus haut, dans cet article. C'est simple : ils incarnent chacun à leur manière un aspect de cet idéal chevaleresque et de ce monde hérité à la fois des légendes arthuriennes, du modèle du conte de fées et du roman d'aventures moderne que j'ai passé quatre ans de ma vie à développer dans Miroir. Ce n'est pas pour rien, si une fois, sur DevianArt, pour répondre à la question d'un visiteur, j'avais expliqué que le personnage de Selim était né sous le signe du Bélier, et Camille de Beaurepaire sous celui des Gémeaux... Dans Miroir, Selim est le Médecin. Il est l'Etranger, l'Idéal à atteindre pour Camille qui s'est mis en Quête afin de le retrouver, mais son rôle est d'abord et avant tout celui du médecin. Celui qui soigne, celui qui lit sur le corps de Camille et sur celui de ses patients. Et quant à Camille, ce n'est plus un secret, ne serait-ce qu'avec ce beau surnom empanaché qui le suis partout et sous lequel on le découvre en premier dans le roman, il est le Chevalier. Pas un chevalier de la Table Ronde mais un chevalier de la génération post-Don Quichotte, comme je l'explique ici, un héritier de la chevalerie classique qui détonne au milieu de son siècle, mais qui surmonte ce handicap en ouvrant la voie vers les principes de la modernité. Camille de Beaurepaire est un Pirate, au sens fort du terme, un homme qui a choisi de se placer volontairement en marge du système pour ne pas avoir à en adopter les valeurs et pour continuer à penser comme il lui plaît. Il reste fidèle aux idéaux chevaleresques de l'honneur, de la loyauté, de la probité et de la générosité, mais il se bat sous les couleurs du Drapeau Noir. Fondamentalement, il a donc deux visages, deux réalités. Il est Chevalier ET Pirate. Il est la Chimère, la créature hybride et impossible à faire rentrer complètement dans l'une ou l'autre catégorie.

Tels sont ces deux personnages, le chirurgien Selim Al-Fahim et le Chevalier-Pirate Camille de Beaurepaire, deux des piliers de mon roman et deux compagnons qui me suivent depuis un très long moment, déjà.

A ce stade de la réflexion, ceux qui connaissent un peu Saint Seiya auront sans doute déjà deviné où je veux en venir. Je crois sincèrement que si j'ai craqué aussi vite pour le couple Mû x Saga quand j'ai visité le site d'Ariesnomu pour la première fois, si ce pairing m'a paru aussi évident et aussi bien assorti, c'est parce que quelque part, ils reproduisent exactement le même schéma que Camille et Selim. Avec eux, j'ai retrouvé mes marques, j'ai retrouvé mon association fondamentale Figure Chevaleresque/Créature Féérique et Mystérieuse (qui est aussi celle qu'on retrouve dans le couple Aurélien/Miroir...), et même si ces deux personnages appartiennent à un autre, même s'ils ont leur histoire bien à eux et une dimension propre à cet incroyable univers mythologique qu'est celui de Saint Seiya, eh bien ils font écho à tout ce que j'ai eu dans la tête ces dernières années.
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Vi, je sais, il a quelques petits problèmes de proportions au niveau du torse ^^;

Saga, c'est le Monstre. Le Névrosé, le Schizophrène, le Malade Mental, le Psychopathe, le Traître aux autres et à lui-même, tout ce que vous voulez, mais le Monstre. A l"origine, "monstrum", en latin, ça signifie "ce que l'on montre". Ce qui saute aux yeux, ce qui attire le regard. Par extension, cela a fini par désigner ce qui était difforme, "spectaculaire" et digne d'être pointé du doigt au milieu de la masse des individus "normaux". Il est Fou. Fou et lucide, atrocement lucide comme le prouvent ses nombreuses disputes avec lui-même et l'aveu qu'il fait à Seiya, lorsque celui-ci découvre son vrai visage, à la fin de la Bataille du Sanctuaire. Il y a une fameuse citation de Chesterton qui définit parfaitement la Folie telle qu'elle est incarnée par le personnage de Saga : "Le fou n'est pas l'homme qui a perdu la raison. Le fou est celui qui a tout perdu, excepté la raison." Il est l'homme à la conscience double, celui qui est à la fois le Bien ET le Mal. Il n'est pas l'un ou l'autre, il ne peut pas être l'un et pas l'autre. 

Comme Camille, Saga est l'Homme aux Deux Visages, l'hybride qui associe à la fois une nature profondément chevaleresque et une tendance au Chaos et à l'Anarchie qui le pousse à à défier les Dieux, c'est à dire l'ordre des choses. Comme Camille, Saga est une Chimère. Une créature mi-Chevalier mi-Félon (tous deux étant des archétypes des chansons de geste médiévales, voir Roland et Ganelon dans la plus célèbre d'entre elles), et une variation autour de ce thème du Monstre, de la Difformité et de l'Hybridité. Une autre citation qui à mon sens définit parfaitement le personnage de Saga, c'est celle de Pascal : "L'Homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête."

Avec cette pensée, Pascal définit le genre humain. Et si elle colle aussi bien au chevalier des Gémeaux, c'est parce que le chevalier des Gémeaux représente le genre humain à lui tout seul.  Et si Saga est pour moi LE personnage qui se rapproche le plus de la figure du Chevalier Arthurien dans tout l'univers de Saint Seiya, c'est précisément à cause de cette difformité typiquement humaine. Il n'est pas Galahad, il n'est pas l'Elu, le Chevalier Parfait et sans faille qui mène sa Quête jusqu'au bout sans la moindre faiblesse ni le moindre doute. Cela, ce serait plutôt Aioros. Non, Saga, lui, c'est Lancelot, c'est Perceval, c'est le Chevalier qui a failli en cours de route. Comme eux, Saga était un Elu potentiel, mais il a laissé passer sa chance de trouver le Saint Graal (même si oui, je sais, dans certaines versions c'est bien Perceval qui le trouve) car il a faibli au dernier moment. 

Or, et je pense que tous les grands fans de la légende arthurienne vous diront comme moi, s'il y a UN personnage chiant et inintéressant dans toute cette histoire, c'est bien Galahad. Et s'il y a des personnages intéressants, au contraire, ce sont les chevaliers d'Arthur qui faiblissent en cours de route, les Gauvain, les Lancelot et les Perceval. Ce n'est sans doute pas pour rien si ce sont leurs noms à eux que la Postérité à le plus souvent retenu, et pas celui du fils d'Ellan. Et ce n'est sans doute pas pour rien (même si on est d'accord, je ne sous-estime absolument pas le pouvoir ultime du Grosbill et de la Paire de Fesses dévoilées dans les Thermes sur les fanboys et les fangirls XD) que Saga est un personnage aussi populaire auprès des fans de Saint Seiya =) Il fascine, parce qu'il nous ressemble et que, comme nous, il n'est pas parfait. La perfection, c'est triste et ça ne sert à rien dans un univers où le but du jeu est justement d'apprendre à surmonter ses faiblesses pour devenir plus grand et plus fort. Résultat, Aioros meurt dès avant le début de l'histoire, et le chevalier des Gémeaux (que ce soit à travers la figure de Saga ou celle de Kanon, qui incarne la même imperfection que son frère), traverse tous les chapitres, en étant à chaque fois une figure centrale. Scénaristiquement et humainement parlant, le poids sur la balance a tranché.

 
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Pour accompagner cette humanité profonde de la figure du Monstre ou du Chevalier, à mon sens, il faut un autre archétype des légendes médiévales ou populaires. Il faut une Fée. Pas une Demoiselle en détresse (les demoiselles en détresse, c'est comme les chevaliers parfaits et sans faille, c'est chiant et ça sert à rien), pas une Dame invisible qui n'est là que pour être invoquée par le chevalier au moment d'accomplir un exploit (je crois que Cervantès a vraiment tout compris, quand il l'a parodiée avec Dulcinée XD), mais une Créature Magique et Mystérieuse qui contrebalancera la réalité profonde du guerrier chevaleresque. Et c'est pour ça que dans mes histoires, j'associe très souvent cette figure de la fée à celle du Médecin. Selim, mais aussi Miroir, sont dans ce cas. Selim est le chirurgien de marine, Miroir est celle qui guérira Aurélien de ses peurs profondes. Selim est l'Etranger, comme je l'ai déjà dit, l'homme venu d'ailleurs et qui ne ressemble à rien de ce que Camille a pu connaître, et Miroir est celle dont Aurélien n'est même pas sûr qu'elle soit véritablement humaine. Tous les deux sont des Soignants et des Mystères. Des Autres.

Des Rêves qui se concrétisent.

Et comme Camille et Aurélien, je pense que c'est ce dont à besoin le Chevalier Saga. Le Monstre en lui a besoin de Beauté, et le Guerrier a besoin de Soin. A mes yeux, c'est exactement ce que Mû incarne. De tous les personnages de Saint Seiya, le chevalier d'or du Bélier est sans nul doute ce qui se rapproche le plus de la créature féérique. Fondamentalement, il est le Magicien. Celui qui dès sa première apparition se révèle doté de pouvoirs paranormaux et d'aptitudes extraordinaires, même au sein d'une caste de surhommes : il est celui qui répare les armures, celui qui les ressuscite lorsqu'elles sont mortes, celui qui a conscience de ne pas être un Dieu et de ne pas être capable de redonner la vie sans sacrifice. Bien avant d'être un combattant, Mû est d'abord un médecin et un guide pour les héros, comme Viviane est un guide pour Lancelot, à l'instar de Morgane pour Mordred. 

Et comme elles, il est également un peu inquiétant. D'abord parce qu'à l'instar de Selim, il est une figure d'Etranger. Le premier, maure et musulman, l'était dans la France du XVIIe siècle, et Mû lui, Atlante et Jamirien, l'est dans le monde grec du Sanctuaire. Son absence de sourcils et ses deux petits points sur le front participent également à cette vision du personnage, de même que son androgynie et sa délicatesse naturelle, qui tranche avec sa puissance et le côté profondément masculin du Signe du Bélier (même si oui, je sais, au Japon ce signe est considéré comme féminin, because printemps, renouvellement du cycle, petits oiseaux, tout ça). Physiquement et mentalement, Mû incarne donc l'étrangeté, dans tous les sens du terme, et reste sans doute l'un des personnages les plus énigmatiques de toute la série... bien malin celui qui devinera ce qu'il pense et les raisons de ses choix ! Et c'est précisément ce côté mystérieux et un peu dérangeant dans les motivations qu'il affiche qui me fascine ("S'il était possible de faire quelque chose, nous aurions, le Vieux Maître et moi, agi depuis longtemps... mais ceci est une épreuve du Ciel infligé à Athéna". Mouais. Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça un peu bancal pour justifier l'hécatombe de la bataille du Sanctuaire, quand même XD *si on excepte bien sûr l'explication fondamentale à cette non-intervention de Mû qui est : "ce sont les bronzes les héros, le but du jeu pour l'auteur est de leur faire traverser les Douze Maisons en affrontant les chevaliers d'or un par un, donc personne ne s'interpose", bien sûr*). Mû et ses motivations profondes sont une mine de réflexions et de théories pour les auteurs tordus dans mon genre... et c'est précisément cela qui rend le personnage inquiétant, en plus de son côté "exotique". Un troisième élément qui me fait dire que Mû n'est absolument pas le personnage lisse et trop parfait que beaucoup décrivent, mais qu'il a lui aussi au contraire ses zones d'ombre qui le rendent intéressant, c'est cette extraordinaire clairvoyance qui le caractérise, et qui rend parfois les vérités qu'il assène un peu dérangeantes (certains personnages n'aiment pas qu'on leur fasse remarquer qu'ils sont sur le point de faire des bêtises plus grosses d'eux... n'est-ce pas, Aiolia ?). Il fait des choix et il les assume jusqu'au bout, quelles qu'en soient les conséquences... je crois que le moment où il offre sa vie à Shion en punition de sa désobéissance tout en continuant de lui barrer le passage en même temps qu'à DeathMask et Aphrodite restera toujours un de mes préférés. En cela, pourrais-je dire, Mû est également une figure de Chevalier... et peut-être aussi une Chimère à deux visages, si l'on va jusqu'au bout du raisonnement ;)

En clair (Ciel, j'en ai encore écrit des tartines O.O), voilà donc une partie des raisons qui font que j'ai si facilement replongé dans Saint Seiya... et une partie de celles qui expliquent mon obsession pour le duo Mû x Saga, personnages grandement complémentaires, à mon sens, héritiers de plusieurs traditions, même si j'ai fait le choix pour cette étude de ne me concentrer que sur la notion de "chevalerie" telle qu'elle est perçue dans notre culture occidentale. Ceci n'est bien entendue qu'une ébauche d'analyse un peu décousue (surtout sur la fin... il est tard !), et le sujet mériterait bien d'autres développements... mais je vais m'arrêter là pour ce soir, j'en ai assez et vous aussi, je crois (d'ailleurs s'il y en a qui ont lu ce pavé jusqu'au bout, je leur tire mon chapeau !).

Et puis, il faut bien que je garde des choses à dire pour la prochaine fois, non ? ;)
 

Publié dans Scribouillages

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Ariesnomu / Musaga4ever 06/02/2010 23:27


Coucou Andro,

Je rattrape mon retard, ce soir ! ^-^

Très chouette billet, je connaissais déjà ton analyse car on en avait déjà discuté, mais là, la lire avec le parallèle avec ton roman et davantage d'éclaircissements encore plus approfondis sur les
persos littéraires connus de la chevalerie, c'était encore une fois très intéressant et très instructif. J'aurais aimé avoir une prof de français qui explique aussi bien les choses pour nous y
intéresser sous cet angle, au-delà de la simple vision brute et manichéenne du monde ! ^-^

Je partage entièrement ta vision de ces deux persos emblématiques qui sont devenus mes chouchoux en couple (je précise, n'étant pas une fan du ou des gémeaux où le manga/animé les présente quand
même plus comme des méchants tout court ! ;D Peut-être aussi parce que je dois être une des seules fans à n'avoir pas été du tout sensible à son exhibitionnisme pour chercher à me pencher sur le
pourquoi profond du comportement des gémeaux ! XDDD Et sûrement parce que j'étais plus sensible à la psychologie du méchant charismatique et emblématique dans toute sa splendeur, pour moi,
j'ai nommé Dark Vador dans Star Wars, bien avant que la trilogie "préquelle" ne soit sortie !) et très clairement, un perso torturé est bien plus intéressant qu'un perso parfait (enfin, j'aime bien
Ayoros et j'aime bien le lion aussi, du moins dans la partie Sanctuaire où il est le preux chevalier, noble et viril et pas le gamin attardé et nerveux de Hadès, arggggggggggh !). Je ne me
souvenais même pas de Galahad ni à quoi il ressemblait et encore moins ce qu'il a fait (ou pas fait ! ;DDD) dans la légende arthurienne !

J'aime tout particulièrement ton analyse du Mû, le perso étrange, mystérieux  à tous points de vue mais un brin féérique qui assume ses choix et ses convictions, ça fait plaisir de voir un si
vibrant hommage du bélier sur le net où c'est généralement le contraire que l'on trouve, sous le prétexte fallacieux qu'il "ne fait rien", alors qu'au contraire, il intervient souvent mais pour
aider et mettre les autres en avant, car monsieur n'est pas un exhibitionniste ni un narcissique ! ;DDD

Bref, encore merci pour ce très beau billet et pour être une si grande et si ardente défenseuse du Mû x Saga !

Bisous tout plein, et vivement ton grand projet de fic !!! ^-^


Andromède 09/02/2010 02:30


Dis donc, toi, quand tu rattrapes ton retard, tu ne le fais pas à moitié !! XD Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout, je suis contente qu'il t'ait parlé !! ;) 

Aaaah, les Gémeaux... Un jour j'arriverai à te faire apprécier le personnage de Saga, ne serait-ce que le temps d'une fic ou d'un chapitre, oui, j'y arriverai !!! C'est mon grand défi personnel sur
le plan du fanwork Saint Seiya ^________^ (oui, j'ai des défis personnels un peu bêtes, tu peux le dire !) Et d'ailleurs, en tant que grande fan devant l'Eternel de l'aîné des Gémeaux, je me dois
de protester !!!!!! Tu dis : "où le manga/animé les présente quand même comme des méchants tout court !" >> JE M'INSURGE !!! D'accord pour l'animé, qui a complètement massacré le
personnage de Saga à mon sens (parce qu'ils en ont fait un méchant pur, justement, ce qui dénature complètement la symbolique que Kurumada a voulu faire incarner par ce personnage, à savoir : la
réalité du monde, donc le Mal ET LE BIEN, mordioux !!! et je ne parle même pas de sa mort stupide, qu'ils ont également complètement dénaturée, alors qu'elle était éminemment logique et noble
dans le manga... comme dirait Lilou, la mort de Saga dans l'animé, "c'est pas du suicide d'homme repenti, c'est du retournage de veste après légitime défense de cruche sauvage" T_T et ça, c'est
naze !! mon pauvre Saga, qui était si humble et si conscient de ses fautes dans le manga !!). Chez Kurumada, au contraire, si on relit les tomes précédent la bataille du Sanctuaire, et même
pendant, on a presque plus de scènes qui montrent le coté "Dieu" de Saga plutôt que son côté "Diable" !! Je pense en particulier à la séquence où on le voit descendre à Rodorio, et où il apaise un
vieillard agonisant terrifié par la mort... symboliquement, c'est quelque chose de très fort, qu'un esprit malin "pur" aurait été incapable d'accomplir. Et lorsqu'il se suicide, c'est encore plus
parlant... il est seul avec Athéna (et Mû, mais chuuut XD), parce que les vrais actes de courage n'ont pas besoin de témoins, entièrement délivré de son côté maléfique (il s'est pris un bon coup de
bouclier de la mort qui tue quelques pages plus haut), c'est-à-dire qu'il a entièrement retrouvé son libre-arbitre, et c'est avec ce libre-arbitre, avec la conscience pleine et entière de ses actes
qu'ils s'agenouille au pied de sa déesse, qu'il lui présente ses excuses (il ne lui "demande" pas son pardon, justement... mais il lui montre simplement son repentir), et qu'à la manière des
samouraïs, il se suicide avec sa propre arme, c'est à dire son poing. Symboliquement, en effet, si on se réfère à la culture asiatique dont Kurumada est issu, le hara-kiri est le dernier recours
d'un guerrier déshonoré, l'acte par lequel il se punit de son honneur perdu, justement, et une façon pour lui de le retrouver en se donnant la mort (je ne parle pas pour la culture occidentale, ou
le rapport au suicide est un peu différent, because culture judéo-chrétienne, tout ça, tout ça...). 

Enfin bref... je suis désolée pour m'être un peu laissée emporter et encore être partie dans une envolée lyrique à la mords-moi-le-noeud, je sais que c'est particulièrement agaçant d'entendre une
fangirl faire l'éloge d'un personnage qu'on n'aime pas, et je m'en excuse^^; J'essaie de rester objective au maximum, mais bon, c'est pas toujours ça... pardon si je t'ai saoûlée, donc, ce que je
comprendrais parfaitement T_T  

Oui, encore une fois, c'est vrai que le Mû n'est vraiment pas aimé sous nos latitudes... ou alors les gens l'aiment parce qu'ils le trouvent parfait, justement, alors que non !!!! C'est parce
qu'il a ses zones d'ombres, lui aussi, que sa très grande noblesse ressort... et on est d'accord, l'argument "il ne fait rien", c'est quand même un peu beaucoup de la mauvaise foi XD Faisons front
pour réhabiliter Mû !! 

Mais merci à toi d'avoir lu ;) Et quant au projet de fic... vais t'en toucher deux mots dans le mail que je vais t'écrire de ce pas, il y a petite surprise ;)  


Alaiya 28/01/2010 21:53


Et bien tu vois, je trouve que cet article est extrêmement utile. En effet, il est toujours très intéressant de découvrir et de comprendre les tenants d'un choix. je te l'ai dit déjà, c'est vrai
que ce pairing - bien que j'en comprenne les origines au regard des évenements de l'oeuvre support - ne m'a jamais vraiment interpellé, mais tu vois, le raisonnement que tu exposes me fait voir la
chose d'un tout autre oeil. Il est quelque part rassurant de constater qu'une vraie réflexion se cache derrière, appuyée sur des arguments que pour ma part je trouve très solides. Du
coup, je ne verrai sans doute plus ce pairing de la même manière. Parce que ton approche m'apparaît comme logique.

Pour apporter une réflexion supplémentaire: dans la bataille du sanctuaire (la première), le Bélier jour le rôle d'initiateur d'un cycle (je ne développerai pas plus cet aspect, sous peine de
gravement te spoiler UDC, mais je pense qu'on aura l'occasion d'en rediscuter), en tant que premier élément du zodiaque, et sa position cardinale. La montée des marches, et les affrontements menés,
représentent la Quête. Ce principe, qui se rapproche de celui du Graal, a pour objectif de permettre à chacun de se dépasser, mais aussi d'en apprendre plus sur l'autre et sur soi même. Mü avait
compris quel était son rôle: celui d'initier la Quête. D'où la réparation des armures, les explications de base et son apparent immobilisme.

Par ailleurs je partage entièrement ton analyse du personnage de Saga, très juste, et très pertinente et plus largement, ton sentiment sur les personnages trop parfaits. On le dit "les gens heureux
n'ont pas d'histoire". Il en est de même pour les personnages lisses, sans aspérité.... donc sans attrait Pour les mêmes raisons qu'énoncées précédemment, je ne développerai pas plus
avant l'opposition diamétrale entre les Gémeaux et le Sagittaire, mais force est de constater que Kurumada a fait preuve d'une belle intuition sur le sujet.

bravo pour cet article, fort instructif.

PS: dernière chose: tu ne t'es pas demandé si par hasard l'histoire originale que tu as imaginée ne se serait pas inconsciemment nourrie de ce background Saint seiyesque, au delà de la notion même
de chevalerie?


Andromède 28/01/2010 23:02



Tu sais que ce commentaire m'a fait vraiment plaisir ? =) Je suis contente que tu aies lu l'article jusqu'au bout, et plus encore, qu'il t'ait amenée à regarder autrement une éventuelle mise en
couple de ces deux là. Je "travaille" sur eux depuis quelques mois, déjà, et après avoir passé plusieurs années sur des originaux qui (je l'espère ^^; ) dégagent un minimum de profondeur et de
réflexion, je ne pouvais décemment pas oublier tout ça et me remettre à écrire des trucs sans queue ni tête... comme je le dis dans l'article, ces persos me parlent parce qu'ils font écho à des
théories déjà élaborées, en quelque sorte. Que tu puisses trouver ces théories valables, ou du moins, que tu puisses y trouver un minimum d'intérêt, c'est pour moi une forme de récompense,
quelque part. Merci, donc =) 

Je suis entièrement d'accord avec toi en ce qui concerne ton analyse de la position du Bélier dans le Zodiaque et le rôle d'Initiateur de la Quête que joue Mû dans la Bataille du Sanctuaire.
Pendant très longtemps, avec une amie, on s'étaient amusées à le surnommer gentiment "le Concierge"... et avec le temps, je me suis rendue compte que ce n'était pas si absurde que ça, comme
surnom. Mû est celui qui "garde les portes" du Sanctuaire...  et qui les ouvre ou les ferme selon les visiteurs qui se présentent à lui. Un truc qui est intéressant aussi, c'est de constater
que sa position au Sanctuaire est exactement l'inverse de celle qu'il occupe à Jamir. Dans le Domaine Sacré, comme tu le dis, il est celui qui initie la Quête en préparant les héros aux épreuves
qu'ils auront à subir ensuite, tandis qu'à Jamir, au contraire, il est lui-même le but de la Quête (ou du moins, il se situe APRES les épreuves, et non pas avant... parce que dans le cas où il
faut se vider des 2/3 de son sang, hein, le bout du tunnel, il n'est pas encore là ! On remarquera d'ailleurs que l'épreuve du pont à traverser sans tomber, comme dans le cimetière des armures,
est un topos extrêmement récurrent dans les légendes arthuriennes^^ voir le Pont de l'Epée et le Pont sous l'Eau que traversent Lancelot et Gauvain pour aller récupérer Guenièvre chez Méléagant)
. C'est pour ça aussi que j'aime bien l'associer à Saga...  ce renversement des positions montre que lui aussi, quelque part, il a "deux visages" (comme tout un chacun, d'ailleurs^^)

Dans tous les cas, le début d'analyse que tu as écrit ne me donnes que plus envie de lire la suite d'UDC ! ;) Je devrais pouvoir m'y remettre ces jours ci, vu que j'ai encore une bonne semaine de
vacances !

Oui, je te rejoins également complètement sur l'opposition Gémeaux/Sagittaire à la fois dans la roue du Zodiaque et dans les rôles qui sont ceux de Saga et Aioros dans la série originelle...
opposition qui est d'ailleurs particulièrement intéressante à exploiter dans les fics, elle aussi ;)

Sinon, bien sûr que mon roman est plus qu' inconsciemment nourri de ce background Saint seiyatesque ^^  Comme j'aime à le dire, "Miroir" est un conte de fées (pas au sens
"bisounours" du terme, mais au sens où il reprend beaucoup d'archétypes et de situations de la littérature merveilleuse classique, notamment celle de Perrault. Ne pas oublier qu'à la base, les
contes de fées sont des apologues cruels et des exercices de style pour ceux qui fréquentent les salons... absolument pas destinés aux enfants, donc^^) à la sauce Cape et Epée, ou un roman de
Cape et d'Epée à la sauce conte de fées... et on y retrouve énormément de symboliques et de réflexions qui existent déjà dans Saint Seiya^^ (et je vais peut-être proférer une énormité, mais... le
côté "Un pour tous, tous pour un" qui nous vient de Maître Dumas, ce n'est pas non plus quelque chose de totalement absent de l'oeuvre de Kuru non plus ;) )

Encore merci à toi, donc, et à très bientôt ! 



lilou 25/01/2010 15:28


Ah, Aioros... Je t'avoue qu'il m'indiffère totalement. C'est la super-victime sacrifiée et donc en odeur de sainteté, totalement dépourvu d'intérêt. À la limite, il me fait rigoler dans la fic de
ma copine Kiranagio, "Un an d'innocence", consacrée à l'enfance des Golds. La plupart sont de minuscules marmots mais, différence d'âge oblige, les jumeaux et Aioros sont un peu plus grand, et
c'est rigolo de voir ce dernier faire de la comparaison de taille de zigounette avec Saga. À la limite, s'il y a un perso qui me gonfle, c'est Shura. Trop à cheval sur ses principes, le biquet
XD. 

Mon texte fait 2500 mots à l'heure actuelle. J'espère terminer la première partie, intitulée "Réminiscences" d'ici demain. Pauvre Saga. J'suis pas très gentille avec lui, il est totalement bouché
et en pleine dépression.

Câlins itou ! 


Andromède 25/01/2010 16:15


OMG, Aioros et Saga gamins qui comparent, je sens qu'il va falloir que j'aille lire ça dare-dare XD Et Shura... Arf, c'est vrai qu'il est raide comme une mère supérieure de couvent irlandais,
celui-là (sans jeu de mot scabreux... quoique), mais j'avoue que je l'aime bien^^ Lui aussi est intéressant à exploiter, à cause de cette trop grande rigueur couplé à son allégeance à evil-Saga,
justement... ^^

Niark niark, espérons que Mû va rapidement le déboucher (...) et le faire sortir de sa dépression, alors XD Je me répète, mais j'ai hâte de lire !

lilou 25/01/2010 13:10


Voilà un article fort intéressant... étayé par force références, ce qui rend l'ensemble encore plus convainquant... Je partage ton opinion sur le héros parfait type Galahad. Le personnage sans
défaut, pur, beau, qui ne commet que des exploits et peu d'erreurs frustre par son manque de failles (car ce sont les failles qui sont passionnantes à exploiter) et il reste un exemple relativement
pervers car tant de perfection est impossible à appliquer dans la vraie vie.

Saga est à mon sens une expression des trois principes freudiens de la personnalité, ça, moi, surmoi ; le "ça" étant l'Autre, cette part d'ombre qui prend possession de lui, cette application du
Mal fait Chair qui commet force crime au nom de la mégalomanie et d'ambitions douteuses ; le "surmoi", c'est la part de lumière, éprise de justice, la pureté du cœur et les bons sentiments, cette
facette de Saga qui a tant séduit avant que l'Autre ne prenne le dessus. Quant à son "moi", il est symbolisé par ses instants de lucidité entre deux crises de possession, durant lesquels la
culpabilité fait rage, par ces combats contre lui-même et par cette recherche d'identité profonde, véritable. Saga, c'est la nature humaine poussée à l'extrême, avec ses forces, ses faiblesses, ces
capacités à commettre le pire comme le meilleur et ces questionnements existentiels qui n'ont pas vraiment de réponse.

Mû, quant à lui, est un paradoxe ambulant, réussissant le tour de force à mêler le mysticisme au scepticisme. C'est un visionnaire à la foi inébranlable, tout en étant un spectateur. Quitte à
partir dans l'interprétation personnelle, je pense qu'il n'a pas la rancune tenace, que sa capacité de réflexion lui permet de saisir les tenants et les aboutissants de la course des événements et
que, le cas échéant, il peut pardonner.

C'est pour ça que depuis une semaine, je m'arrache les cheveux sur la thématique de la rédemption.

Je peux t'emprunter le tourne-disque de Kanon ? Mais pas Cat Stevens. Something else XD.

♥ 


Andromède 25/01/2010 15:06


Merci, contente que l'article t'ait plu^^ (même si j'aurais pas dû l'écrire aussi tard, les liens logiques laissent parfois un peu à désirer XD)

Oui, je te rejoins complètement sur l'archétype du héros parfait. Je n'ai jamais eu beaucoup d'affection pour Aioros (je pense que ça se voit), que je trouve chiant à pleurer, précisément parce que
comme tu le dis, il n'a strictement aucune faille à exploiter... et c'est d'autant plus vrai qu'il est mort. En le figeant dans ce rôle et cette perfection dès le départ, c'est comme si Kurumada
l'avait mis sous verre pour nous empêcher d'y toucher. Et c'est peut-être limite ça le plus frustrant, pour les auteurs... Dans la fic longue que je prépare, je me suis mis en tête de désacraliser
Aioros et lui trouvant des failles, justement, et pas des moindres : on verra bien ce que ça donnera ^^;

Je te rejoins également sur ton interprétation du personnage de Saga, quoique je ne sois pas une fan des théories freudiennes, mais j'avoue que dans son cas, ça colle parfaitement^^ Saga est
peut-être le personnage qui est le plus à prendre dans une dimension symbolique plutôt que réaliste... et ça ne le rend que plus passionnant, à mon sens (là aussi, je pense que ça se voit, mais moi
y'en a avoir gros petit faible pour le Gémeau Schizo